Coupe du monde des jeux vidéo: «Avant, personne n'imaginait pouvoir vivre du sport électronique»

TEMOIGNAGES Un joueur nous raconte l'évolution impressionnante du sport électronique… 

Adrien Chauvin

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Les 400 meilleurs gamers de la planète vont s'affronter durant la Paris Games Week.
Les 400 meilleurs gamers de la planète vont s'affronter durant la Paris Games Week. — ESWC/FACEBOOK

Les gamers sont de sortie. Les portes de la Paris Games Week ont ouvert ce matin et se refermeront dimanche prochain, le 2 novembre. Lors de ce salon consacré aux jeux vidéo, les visiteurs pourront assister à l’Electronic Sports World Cup (ESWC), une coupe du monde qui réunit le gratin des gamers. Désormais, ils sont nombreux à tenter leur chance dans l’univers de l’e-sport, pourtant il y a quelques années encore, cette activité n'était pas lucrative.

Romain, un internaute de 20 Minutes, nous raconte son parcours de gamer et comment l’univers du sport électronique a évolué depuis quinze ans.

«Le gamer doit avoir un haut niveau»

À 30 ans, il se dit plus «posé» et recherche moins «le côté compétition» dans les jeux vidéo. Pourtant, lors de ces quinze dernières années, ce gamer explique avoir été accro: «Je passais 4 à 5 heures par jour, dont 8 heures minimum le week-end. Je dois reconnaître que j’ai vécu des moments forts et prenants.» Durant cette période, ce spécialiste de Counter-Strike voulait s'améliorer au plus vite: «Toute la journée tu attends que les cours se terminent. Je m'entraînais tout le temps, si tu veux percer dans le sport électronique, tu dois atteindre un haut niveau.»

Plus en confiance, Romain s’est ensuite lancé dans les tournois en ligne et LAN (réseau local). Les salles de jeux vidéo étaient partout à l’époque, des compétitions se tenaient le week-end: «on faisait des grosses LAN avec 20-30 joueurs.» Quand il ne pouvait pas se rendre dans une salle, il jouait en ligne entre «20h30 et 21h», mais «ce n’était pas évident de jouer avec un modem 56k».

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Il n'y avait pas d'argent

Entre 2005 et 2010, notre gamer a formé une équipe avec des amis rencontrés sur Internet. Comparé à ses expériences précédentes, il lui a fallu travailler sa tactique: «Le plus important en équipe c’est de préparer une stratégie. Une fois qu’elle est prête, on l’applique lors d’un match et on la modifie selon les résultats qu’on obtient.» 

À force de persévérance, lui et ses coéquipiers ont réussi à gagner plusieurs tournois en ligne. Contrairement aux milliers d’euros que remportent actuellement les gamers, la récompense était plutôt modeste: «On gagnait des goodies ou des serveurs publics pour Counter-Strike, mais jamais de l'argent. Dis comme ça, c’est ridicule, mais un serveur coûtait entre 30 et 40 euros.»

«Les salles de jeux vidéo n'existent plus ou presque»

Malgré une passion dévorante, il confie qu'à l'époque devenir professionnel offrait un avenir incertain: «Quand j’ai commencé, personne n’imaginait pouvoir vivre financièrement du sport électronique. C’est un peu ce qui m’avait contraint à ne pas devenir un PGM (Pro Gamer). Je me suis parfois limité pour pas que ça dépasse un certain seuil dans ma vie.» 

Il revient sur la médiatisation des plateformes comme YouTube et Twitch, il explique qu’il ne faut pas tomber dans le piège et ne pas oublier que l’e-sport «c’est de la compétition et non du screencast». 

Aujourd’hui, le sport électronique permet à quelques joueurs de gagner des fortunes et les jeunes délaissent les salles de jeu qui «n’existent plus ou presque». Mais Romain rappelle que si «on peut se faire connaître localement (...) dépasser le cadre de sa ville et de son entourage, c’est d’un autre niveau.»

>> Êtes-vous d'accord avec ce témoignage? Que pensez-vous de l'évolution du sport électronique? Réagissez dans les commentaires ci-dessous...