Du sex-toy au chocolat, Paul McCarthy fait un pied de nez aux censeurs

EXPOSITION L’exposition «Chocolate Factory» de Paul McCarthy sera visible du 25 octobre 2014 au 4 janvier 2015 à la Monnaie de Paris...

Caroline Vié

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Dans la Chocolate Factory, Paul McCarthy a écrit les insultes qu'il a entendues au moment de son agression...
Dans la Chocolate Factory, Paul McCarthy a écrit les insultes qu'il a entendues au moment de son agression... — Caroline Vié

Dès l'entrée, le visiteur reconnaît le style de Paul McCarthy, croisant des sapins gonflables de forme phallique qui surplombent l'escalier XVIIIe siècle de la Monnaie de Paris. L'artiste, qui a défrayé la chronique avec sa sculpture vandalisée Place Vendôme, a investi le superbe bâtiment du bord de Seine avec sa Chocolate Factory, installation créée à New York il y a sept ans.

Une vraie fabrique de chocolats

Le parfum enivrant indique immédiatement qu'on se trouve dans une véritable fabrique de confiserie tandis qu'une machine au mouvement hypnotique produit Pères Noël et sapins, la marque de fabrique de l'artiste. «Paul a été très touché à l'idée de créer une usine à l'intérieur de notre manufacture», explique Christophe Beaux, PDG de la Monnaie de Paris. McCarthy a travaillé quatre mois d'arrache-pied pour monter cette exposition.

Angoissant à souhait

Dans les salles qui suivent, le visiteur ressent une étrange impression d'anxiété. Grognements, cris, insultes l'accompagnent tandis qu'il évolue au milieu de figurines chocolatées. Sur les murs, des affiches manuscrites et des vidéos de la main de Paul McCarthy qui répond aux injures de son agresseur le 17 octobre dernier: «Vous êtes l'artiste? Salaud d'Américain!». Christian Parisi, commissaire de l'exposition déclare: «Il a écrit cela en réaction à la violence qu'il a subie». L'effet est saisissant.

Des souvenirs délicieux

Pour se remettre de ses émotions, le visiteur peut emporter l'une des figurines artistiques gourmandes. Vendues 50 euros, elles sont fabriquées à partir de cacao du Venezuela sélectionné par le chef Guy Savoy. «C'est le meilleur chocolat du monde», insiste Christophe Beaux. On ressort de l'exposition avec un mélange de fascination et de malaise sans doute souhaité par l'artiste qui n'a pas assisté à la conférence de presse de ce vendredi après-midi pour présenter l'événement. Malgré l'avertissement présent sur le site de la Monnaie de Paris, cette exposition anxiogène ne présente cependant rien de scandaleux, ni de sexuellement explicite. Les organisateurs ont péché par excès de prudence en la déconseillant aux jeunes...