«La Terre du milieu: L’ombre du Mordor» redonne du souffle à l'univers de Tolkien

JEU VIDEO Ce vendredi sort un jeu vidéo d'aventure et d'action qui permet de défier, dans un monde ouvert, l'armée du maléfique Sauron...

Joel Metreau

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Talion face à un orque dans «La Terre du milieu : l’ombre du Mordor» Lancer le diaporama
Talion face à un orque dans «La Terre du milieu : l’ombre du Mordor» — monolith / warner

L’œuvre de J.R.R. Tolkien, un des fondateurs de l’heroic fantasy, continue de s'épanouir. Au cinéma, grâce à Peter Jackson, mais surtout dans le jeu vidéo. La Terre du milieu: L’ombre du Mordor, qui sort ce vendredi sur PlayStation 4, Xbox One et PC (le 18 novembre 2014 sur Xbox 360 et PlayStation 3) s’inscrit dans la lignée de cette vingtaine de jeux qui ont tenté de retranscrire les aventures épiques au cœur des romans et fragments de l’écrivain britannique.

Un scénario complètement original

Seulement La Terre du milieu: L’ombre du Mordor, jeu d’action et d’aventure réalisé par Monolith, studio plutôt spécialisé dans les shooters (les F.E.A.R.), invente sa propre histoire. «Comme Batman Arkham Asylum, il ne s’agit pas d’un jeu tiré d’un film, explique Bob Roberts, lead designer chez Monolith. Du coup, on n’a pas les contraintes de sortir le jeu en même temps que le film ni de suivre un scénario.» Pour autant, ce jeu à monde ouvert en possède un. On incarne Talion, un Rôdeur qui a été tué avec sa famille. Ressuscité par le spectre Celebrimbor, ce guerrier va chercher à se venger.

«Notre histoire commence juste après Le Hobbit»

 
Si Celebrimbor est mentionné dans Le Silmarillion de Tolkien,Talion, lui, est inventé de toutes pièces. Une liberté autorisée par Middle Earth enterprises, la société américaine qui gère tous les droits liés à l’œuvre de Tolkien. Une liberté permise par le fait que La Terre du milieu: L’ombre du Mordor se glisse dans une petite faille temporelle. 

«Notre histoire commence juste après Le Hobbit, quelque 80 ans avant que la Communauté de l’anneau se réunisse, indique Bob Roberts. De plus, Tolkien a beaucoup laissé d’intrigues ouvertes dans ses livres, sans laisser d’explication.» Monolith en a emprunté certaines, tout en y faisant figurer les emblématiques Gollum et Sauron. «Si on devait faire un nouveau monde, il faudrait établir toute la structure et des règles à partir de zéro. Tolkien les a déjà données pour en faire un univers crédible et intéressant. On a juste à lire son œuvre et se projeter dans ce cadre.»

 

Le sentiment de puissance

Le héros, Talion, transporte aussi l’héritage de Tolkien. Son arbre de compétences se remplit au fur et à mesure, et ses armes s’améliorent. «On devient de plus en plus puissant et c’est très agréable à ressentir, sourit Bob Roberts. Chez Tolkien, ce sentiment a une signification particulière.» Il songe à l’anneau unique, dont le port manifeste l’influence corruptrice du pouvoir sur les hommes. «Dans Tolkien, les armes ont des personnalités, des noms, parfois elles parlent, ajoute Bob Roberts. Il fallait faire en sorte que l’épée de Talion ait une histoire. Chaque fois que vous tuez un des chefs l’exploit est gravé dans le métal.» Ça tombe bien, il y en a beaucoup, et l'épée possède de la surface à remplir...

Une bonne adaptation

«La Terre du milieu: L’ombre du Mordor» est loin d’être parfait: ses décors auraient gagné en détails. Mais c’est une bonne transcription de l’univers de Tolkien, notamment dans ses paysages désolés du Mordor. Jeu en vue à la troisième personne, le titre s’inspire des «Assassin’s Creed» pour les mouvements du héros, qui escalade les bâtiments ou peut s’introduire furtivement auprès de ses cibles. Les combats en revanche s’avèrent trop répétitifs. L’aspect le plus novateur du jeu, et très bienvenu, c’est le système de Nemésis. «Cela change la nature de vos relations avec les ennemis, assure Bob Roberts. Dans un jeu, les adversaires sont ceux avec qui on interagit le plus. Ce souvent des anonymes, des clones. Le fait d’avoir ces personnages persistants et dynamiques permet de construire une relation avec eux.»