VIDEO. Quand Roman Polanski est là, les vampires dansent

THEATRE Le réalisateur a reçu «20 Minutes» pour les répétitions de la comédie musicale, «Le bal des vampires»...

Caroline Vié

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Le Bal des vampires
Le Bal des vampires — Brinkhoff/Mögenburg

Le théâtre Mogador est en effervescence. Normal: la première du Bal des vampires, comédie musicale inspirée du classique Roman Polanski a lieu le 16 octobre prochain. La fantaisie horrifique de 1967 prend ses quartiers sur scène sous forme d'un opéra rock aux tableaux luxueux. «Ce sera drôle et spectaculaire, explique Polanski. J'espère que le public viendra en famille car je suis persuadé que les enfants peuvent adorer». Le Professeur Ambrosius et son jeune assistant Alfred se préparent tandis que le Comte et ses amis buveurs de sang aiguisent leurs canines en chantant et en dansant! 

 

Un succès international

«Le public retrouvera dans la pièce tout ce qui a lui a plu dans le film car nous en avons conservé les éléments marquants», précise Roman Polanski. A 81 ans printemps, le réalisateur récemment «césarisé» pour La Vénus à la fourrure semble partout à la fois. Sur scène où il donne des indications pour les lumières comme auprès des acteurs. «Je suis enchanté de monter le musical à Paris et en français. Cette nouvelle déclinaison de mon histoire met l'accent sur les numéros musicaux et les effets spéciaux», dit-il. Créée à Vienne en 1997, la pièce a déjà été traduite en onze langues et a attiré plus de sept millions de spectateurs dans le monde entier, du Japon aux Etats-Unis en passant par l'Allemagne et la Hongrie!

Tout pour la musique

C'est Jim Steinman, connu pour les tubes qu'il a écrit pour Céline Dion  et Meat Loaf, qui signe les compositions de la comédie musicale. «J'ai été emballé quand il m'a proposé de réutiliser  «Total eclipse of the heart», une chanson de Bonnie Tyler», dit Polanski. C'est d'ailleurs ce titre rebaptisé «Cette nuit restera éternelle» que répètent Raphaëlle Cohen qui reprend le rôle de la jeune première Sharon Tate et Daniele Carta Mantiglia qui se glisse dans celui qu'incarna Roman Polanski lui-même dans son film. «Il y a quelque chose de ludique à revisiter une œuvre que j'ai réalisée et jouéeil y a près d'un demi-siècle et à essayer de raconter l'histoire avec des chansons», dit-il.

Travailler dans la bonne humeur

Ça bosse dur à tous les étages du théâtre. Sur scène, les techniciens s'affairent autour d'un décor superbe représentant une auberge enneigée. En coulisse, coiffeurs et costumiers montrent fièrement leurs œuvres destinées à métamorphoser acteurs et danseurs. Les chiffres donnent le vertige: 230 costumes, 200 paires de chaussures, 70 chapeaux et 150 perruques doivent être fins prêts pour le grand soir. L'enthousiasme de tous fait plaisir à voir. «Roman nous galvanise car il est à la fois très concentré et très joyeux. Il a un sens du détail extraordinaire et s'intéresse au moindre personnage», explique Solange Milhaud qui interprète la femme de l'aubergiste Chagal.

Un éternel jeune homme

Il faut voir Roman Polanski diriger ses acteurs-chanteurs pour avoir une idée de sa passion pour son métier. Assis, le regard perçant, l'octogénaire bondit soudain de son siège pour mimer l'action d'un personnage se transformant en idiot du village difforme pour mieux faire comprendre son idée au comédien avant de reprendre sa place comme si de rien n'était. «Je m'amuse comme un petit fou à jongler avec les codes de la scène, dit-il. La mise en scène de théâtre me permet d'utiliser l'espace d'une autre façon que ce que je fais au cinéma». Le geste vif et le regard enfantin, il donne envie d'être au 16 octobre prochain pour partager sa vision et mordre à pleines dents dans cette belle pièce...de théâtre. (De 25 à 105 €/ Réservations: 0153334530 ou www.lebaldesvampires.fr)