Lady Gaga et Tony Bennett célèbrent ensemble leur amour du jazz

MUSIQUE A l’occasion de la sortie de leur album commun, «Cheek to Cheek», la popstar et le crooner donnent un concert ce lundi soir à Bruxelles...

De notre envoyé spécial à Bruxelles, Joël Métreau

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Lady Gaga et Tony Bennett, lundi 22 septembre 2014 à Bruxelles, avant un mini-concert pour le lancement de leur album "Cheek to Cheek".
Lady Gaga et Tony Bennett, lundi 22 septembre 2014 à Bruxelles, avant un mini-concert pour le lancement de leur album "Cheek to Cheek". — Geert Vanden Wijngaert/AP/SIPA

De notre envoyé spécial à Bruxelles,

Quelque soixante ans les séparent, elle a 28 ans, il en a 88. Une commune passion pour le jazz les a fait se trouver. Lady Gaga et Tony Bennett lancent officiellement à Bruxelles Cheek to cheek, album de reprises de standard jazz. «Nous avons beau être dans la salle des mariages, c’est bien leur collaboration dont il est question», plaisantait le bourgmestre de Bruxelles, Yvan Mayeur, dans l’hôtel de ville gothique.

A l’extérieur, sur la Grand Place, des adolescents entament a cappella le tube Bad Romance, devant la scène qui va accueillir le concert des deux stars américaines. A l’intérieur, les chanteurs belges Salvatore Adamo et Will Tura se sont assis au premier rang de la conférence de presse, pour glisser un mot à leur idole Tony Bennett, alias le «King of Cool». «Son intégrité artistique est admirable, c’est une légende, il n’a jamais chanté une mauvaise chanson», susurre une Lady Gaga élégante dans sa robe à traîne bleue. Tony Bennett lui renvoie la balle: «Elle a un don, ça ne s’apprend pas à l’école, chanter le jazz, ça doit être ce qu’on ressent sur le moment»…

«J’avais peur d’avoir perdu une part en moi»

Le duo file le parfait amour, celui qui swingue dans les onze morceaux de Cheek to cheekAnything goes de Cole Porter, They All Laughed de George Gerswhin, It don’t mean a thing de Duke Ellington… «Amener ces compositions à une génération plus jeune, c’est mon rêve», déclare Lady Gaga. Pour elle, Cheek to cheek sonne aussi comme un retour aux sources de la chanson, après son album Artpop, tièdement accueilli. La star flamboyante évoque ainsi les débuts de sa carrière, «l’apprentissage du piano classique à partir de 4 ans, le travail de la voix à 11 ans, et la découverte du jazz à 13 ans».

Tony Bennett et elle se sont rencontrés pour la première fois en 2011, à New York. Lady Gaga enregistre avec le crooner The Lady is a tramp, pour l’album Duets II de Tony Bennett. «Il m’avait demandé si je voulais faire un duo avec lui… J’avais peur d’avoir perdu une part en moi», confie Lady Gaga. Une part de fraîcheur? Une part d’enthousiasme? Comme si ses transformations successives et ses albums hyperproduits avaient fini par étouffer sa voix. Belle surprise, sur Cheek to cheek, on n’aura jamais aussi bien entendu son interprétation. Enjouée, cajoleuse et coquine.

«J’avais commencé comme elle, raconte Tony Bennett, mais je me sens moins bien pour chanter dans les stades, que dans un petit espace, avec juste un piano.» Cette intimité sied au disque où le duo flirte dans la sensualité du swing. Mais ce soir, à Bruxelles, en Belgique, où Cheek to Cheek est déjà en tête des ventes, c’est devant 2.500 personnes que Lady Gaga et Tony Bennett vont se produire à 22h30.