La leçon de philosophie de «Madame Foresti»

HUMOUR L'humoriste aborde la crise de la quarantaine avec beaucoup d'autodérision...

Anne Demoulin

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La comique Florence Foresti lors de son spectacle «Moteher Fucker».
La comique Florence Foresti lors de son spectacle «Moteher Fucker». — DR

Je vieillis, mais j’en ris. Florence Foresti occupe la scène du théâtre du Châtelet à Paris jusqu’au 31 octobre avec son nouveau one-woman-show, intitulé «Madame Foresti». Devant une salle bondée au comble de l’excitation, le rideau s'ouvre.  Elle apparaît en pleine séance de yoga, parce qu’à 40 ans, «tu manges bio, tu t’arrêtes de fumer et tu t’arrêtes de boire.» Et l’humoriste a bien médité depuis son précédent spectacle.

La crise existentielle

«On va tous crever», rappelle-t-elle. Et de convoquer tous les philosophes grecs pour résoudre sa crise de la quarantaine. «Le plus gros de ma vie est derrière moi, et je ne parle pas de mon cul», s’amuse la jeune quadra.

Point de salut dans l’amour: «Un matin, tu te réveilles et t’es cocu». Dans l’épicurisme? «Alors, on continue ou on s’encule», s’interrogent les sages grecs dans son sketch.

Florence Foresti rit de tout, de Twitter, à qui elle lance «Hashtagueule», au cinéma 3D, en passant par l’interminable queue dans les magasins Nespresso.

Portraits de femmes

Les spectateurs ont du plaisir à retrouver sa gouaille, sa gestuelle parfaitement maîtrisée et ses sujets fétiches comme la vénération des mères de famille, «mes héroïnes», dit-elle, et son plaidoyer contre la femme-objet.

Florence Foresti, au travers une galerie de portraits de femmes désopilantes – nul doute que sa «maman calme» deviendra un personnage culte – interroge la condition du Deuxième Sexe.

Comme le bon vin, Florence Foresti a bien vieilli. Savoir rire de la condition humaine est peut-être la plus grande leçon d’humour qui soit. Appelez-là désormais «Madame», standing ovation.