«Seul sur Mars», comment survivre sur la planète rouge

SCIENCE-FICTION Le premier roman de l’Américain Andy Weir a le panache d’un thriller distrayant et bien documenté…

Joel Metreau
— 
Un selfie du robot Curiosity, sur Mars, en avril 2014.
Un selfie du robot Curiosity, sur Mars, en avril 2014. — NASA/NEWSCOM/SIPA

«C’est comme Robinson Crusoé dans l’espace», s’amuse Andy Weir, 41 ans, auteur de Seul sur Mars (Bragelonne, 20€) sorti ce mercredi en librairie. Son premier roman raconte une aventure dramatique et solitaire, celle de l’astronaute Mark Watney, abandonné par ses collègues sur la planète rouge après une mission qui a mal tourné. Laissé pour mort, il doit attendre la prochaine mission de la NASA, prévue dans quatre ans. Problème: il ne possède que 300 jours de ration alimentaire dans son habitacle hermétique.

Ridley Scott séduit

Le pitch de cette histoire à suspense a séduit le réalisateur Ridley Scott, au point qu’il va l’adapter en long-métrage, avec Matt Damon dans le premier rôle. «Je suis évidemment très excité, mais on ne me consulte pas sur le projet, j’ai juste reçu une copie du scénario», raconte l’écrivain à 20 Minutes. N’empêche, pour un roman que ce fils de physicien avait d’abord auto-publié sur son site Internet, c’est une belle récompense.

H.G. Wells, Ray Bradbury, Dan Simmons...

Comme un autre auteur de science-fiction, Hugh Howey, Andy Weir a finalement trouvé un éditeur grâce aux ventes qui ont décollé sur Amazon. Il a quitté son emploi d’informaticien programmeur, dans la Silicon Valley, grâce au succès du livre. Ce Californien s’inscrit dans la tradition de nombreux auteurs inspirés par la planète rouge: H.G. Wells, Ray Bradbury, Stephen Baxter, Dan Simmons… Cette planète lui est familière depuis son enfance, depuis que son père lui enseigna des rudiments d’astronomie et qu’il observait le ciel à travers un télescope. Et puis il dévore la bibliothèque familiale où il découvre les classiques de la SF: Robert Heinlein, Isaac Asimov et Arthur C. Clarke.

Une atmosphère invivable

De ce dernier, l’auteur de 2001, l’Odyssé de l’espace, Andy Weir a retenu la citation suivante: «Deux possibilités existent: soit nous sommes seuls dans l'univers, soit nous ne le sommes pas. Les deux hypothèses sont tout aussi effrayantes.» Mais être seul sur Mars? Andy Weir énumère les problèmes à l’implantation d’une colonie: «L’atmosphère est invivable. La température y est froide, mais facile à combattre, grâce au chauffage alimenté par le nucléaire. Enfin, avec les radiations cancérigènes émises par le soleil, il faudrait construire des murs épais pour se protéger.»

Andy Weir connaît le sujet sur le bout des doigts. Seul sur Mars peut parfois égarer dans ses démonstrations scientifiques, mais le lecteur retombe toujours sur ses pieds. Le héros de cette tragédie spatiale tente de faire pousser dans son habitacle des pommes de terre avec ses excréments. «C’est tout à fait possible, les plantes ont juste besoin d’eau et d’éléments nutritifs.» Envoyer des messages, avec des pierres, des messages visibles depuis la Terre? Il admet qu'«actuellement, les télescopes n’ont pas la résolution nécessaire, mais ce sera bientôt possible, voyez Google Maps pour la Terre…»

Comme son héros Mark Watney, Andy Weir témoigne d’un enthousiasme sans faille, même si la route vers les étoiles ne s'emprunte jamais sans risque zéro, voyez Columbia ou Challenger. «La conquête de l’espace mélange une part de risques personnels et une somme énorme de connaissances scientifiques et de technologies. Mais c’est toutes les meilleures parts de l’humanité unies contre la nature.» Un optimisme presque naïf, mais à toute épreuve.