Chez Fischli & Weiss, branques associés

ART MODERNE Ils sont suisses, leur patronyme évoque le sérieux d’une banque d’affaires, mais Peter Fischli et David Weiss, dits «Fischli & Weiss», font de l’art, tendance déjantée

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Ils sont suisses, leur patronyme évoque le sérieux d’une banque d’affaires, mais Peter Fischli et David Weiss, dits « Fischli & Weiss », font de l’art, tendance déjantée. Au récent vernissage de leur rétrospective au musée d’Art moderne de la Ville de Paris, les rires fusaient devant leurs oeuvres déconcertantes. De leur première série photo en 1979 (des scènes de la vie quotidienne pour saucisses et mozzarella) à une récente vidéo champêtre où ils jouent déguisés en rat et en ours, les deux quinquagénaires s’autorisent toutes les facéties. Utilisant la photo, la vidéo ou l’installation, le duo est toujours guidé par l’expérimentation, l’intérêt pour lesmatériaux banals et un humour absurde. Pour preuve, cette hilarante relecture de l’histoire du monde, constituée d’une centaine de miniatures en terre cuite. Sous la représentation d’un couple alité, une légende indique : «M. et MmeEinstein peu de temps après la conception de leur fils Albert ».Mais le clou de l’exposition consiste en une épatante vidéo construite sur le principe des réactions en chaîne. Ballons qui éclatent, pneus qui roulent, liquides qui se déversent, etc. Le film Le Cours des choses peut s’envisager comme une réinvention de la sculpture. Une oeuvre en mouvement signée par deux maîtres du déséquilibre.

Marc Héneau