Leonard Cohen, Robert Plant, Marianne Faithfull… Les légendes sont en pleine forme

MUSIQUE Plusieurs grands noms du rock sortent de nouveaux albums sans nostalgie...

Benjamin Chapon

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Leonard Cohen le 21 décembre 2013 en Australie
Leonard Cohen le 21 décembre 2013 en Australie — David Rowland/REX/REX/SIPA

Au lendemain de son 80e anniversaire, Leonard Cohen sort son 13e album studio, Popular Problems. Marianne Faithfull, bientôt 68 ans, publie Give My Love To London. Enfin, le jeunot Robert Plant, 66 ans, sort son dixième album solo, lullaby and... The Caeseless Roar.

La longévité de ses trois artistes qui affichent tous plus de 50 ans de carrière n’a nullement altéré leur créativité. Leurs inspirations, qu’elles soient blues, africaines ou rétro-pop, semblent sans fin.

Ramasser les fruits de la maturité

Cohen, Faithfull et Plant ont en commun d’avoir connu, à un moment de leurs carrières, une pause salutaire. Aujourd’hui sereins et n’ayant plus grand-chose à prouver, ils mettent leur maturité au service d’albums d’une richesse extravagante.

Leonard Cohen, revenu sur le devant de la scène au propre comme au figuré, depuis quatre ans, donne un successeur à Old Ideas, son album de 2012. Si l’on en croit son fils Adam, qui s'est confié à La Presse, le chanteur a bien failli abandonner son projet en cours de route faute d’avoir trouvé les bonnes compositions pour ses textes. Le fiston a alors soufflé à son père le nom de Patrick Leonard. L’apport du réalisateur qui a produit albums et tournées de Madonna dans les années 1980 a été fondamental dans le processus de création de Popular Problems.

Robert Plant et Marianne Faithfull ont également su s’entourer. La chanteuse a ainsi convoqué la talentueuse jeune chanteuse Anna Calvi et Roger Waters, des Pink Floyd, pour son nouvel album. L’ex-chanteur de Led Zeppelin a lui composé un groupe hétéroclite baptisé The Sensational Space Shifters.

Le regard sur l’horizon

«Avec le temps, je sais de mieux en mieux m’entourer, a expliqué récemment Robert Plant au Guardian. Il me suffit d’entendre jouer un musicien environ cinq minutes puis d’échanger trois banalités pour savoir si nous allons bien nous apporter mutuellement de nouveaux horizons musicaux.»

Marianne Faithfull lorgne aussi du côté des nouveaux horizons et est, comme Leonard Cohen, allé débaucher Patrick Leonard: «Je ne veux pas à tout prix avoir un son moderne mais plutôt ressentir sans cesse un vent de fraîcheur. Parfois, je le trouve dans des productions qui sonnent comme dans les années 1980. Parfois c’est un air de folk anglais des années 1960 qui m’emporte.»

Remonter la scène

L’ancienne égérie des Rolling Stones n’a aucune nostalgie a-t-elle affirmé au Wall Street Journal. Tout comme Robert Plant qui continue obstinément à refuser une reformation de Led Zeppelin. Tout comme Leonard Cohen refuse de se borner au folk qui a fait son succès.

«Il n’y a pas de recette pour durer, expliquait Leonard Cohen lors d'une renconter avec ses fans australiens en juin. Mais dans mon cas, le retour sur scène m’a redonné une forme de foi. L’application que j’ai mise dans une tournée que je faisais uniquement pour rembourser mes dettes m’a rappelé ce qu’était l’amour de la musique.»

Robert Plant et Marianne Faithfull sont également passés par une période loin de la scène, pour y revenir avec gourmandise. «Jouer sur scène, c’est rencontrer d’autres musiciens, explique Robert Plant. L’amour de la musique ne se nourrit que de musique.»