Lenny Kravitz: «J’ai voulu revenir aux fondamentaux du rock and roll»

INTERVIEW Le chanteur et multi-instrumentiste américain sort ce lundi «Strut», un dixième album studio bouillant…

Anaëlle Grondin
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Le musicien Lenny Kravitz a vendu 40 millions d'albums dans le monde.
Le musicien Lenny Kravitz a vendu 40 millions d'albums dans le monde. — Greg Kadel

Ses éternelles lunettes de soleil sur le nez, Lenny Kravitz a accepté avec le sourire de nous rencontrer au bar d’un palace parisien début septembre. Le rockeur de 50 ans, aussi surdoué que modeste, s’est livré à quelques confidences sur son nouveau bébé, le puissant Strut, dans les bacs ce lundi. Mais aussi sur ses liens très forts avec Paris. Entretien.

«Strut» est très rock. Vous êtes lassé de la soul et du funk?

Non! J'ai simplement voulu revenir aux fondamentaux du rock and roll. Il y a seulement de la guitare, de la basse et de la batterie. Pas de fioritures. J'avais envie que ce nouvel album ait ce son là, tout simplement.

Comment avez-vous travaillé sur cet album?

Pour ce disque là, la musique est venue en premier. J'ai travaillé dans mon studio aux Bahamas. J'ai enregistré tous les instruments moi-même. Une fois que j'ai trouvé la musique, je ressens les morceaux. J'écris alors les textes.

Vous avez toujours enregistré tous les instruments sur vos disques. C'est par souci de tout contrôler de A à Z?

Non, c’est parce que c'est fun, c'est une passion. Jouer des instruments de musique, cela fait partie des choses dans lesquelles je suis bon. Mais il y a aussi des choses pour lesquelles je suis très mauvais. Le tennis par exemple. J’ai commencé par la guitare et le piano, jeune. Mon père avait une guitare à la maison. Je m’amusais avec.

Vous avez toujours le temps de répéter?

Oui. Même si faire de la promotion prend énormément de temps. J’aurais préféré passer mon temps à ne faire que jouer de la musique. Mais ça fait partie du job.

Mais pourquoi cette tournée promo, d’ailleurs? Vous n’avez pas besoin de ça, si?

Je n’en ai pas besoin? Merde, allez dire ça aux attachés de presse! [Il se tourne vers son équipe : «Elle dit que je n’ai pas besoin de faire de promo, pourquoi vous me faites faire ça? Tsst»] Vous savez, Mick Jagger continue à faire de la promo...

Le jour où Mick Jagger arrêtera la promo, vous arrêtez aussi, alors?

Ok, si Mick arrête, j’arrête ! Deal (rires).

Il y a un morceau qui s'appelle « Sex » sur votre nouvel album. C'est un thème qui revient souvent dans vos titres. C'est une obsession?

Il n'y en a pas tant que ça. Je parle plus d'amour, en vérité, dans mes chansons et toutes les émotions qui vont avec. Sur Strut, c’est vrai qu’il y a la chanson «Sex» et «Dirty white boots», qui parle de séduction. J'imagine que c'est une manière pour moi de régler certaines questions... Je n'arrive pas à expliquer lesquelles ni pourquoi. Mais l'amour me fascine. C'est l'émotion la plus puissante que nous pouvons ressentir.

Vous passez beaucoup de temps à Paris. Quels sont vos liens avec la capitale française?

J'ai une maison ici. La maison que vous voyez dans le clip de «The Chamber» est à moi. J'ai toujours aimé la France depuis la première fois où j'ai mis les pieds ici en 1989 pour mon premier album [Let Love Rule]. L'architecture, l'agencement de la ville, c'est très beau. Le public français m'a accepté dès le départ. J'ai rencontré plein de gens formidables, comme Vanessa [Paradis, avec qui il a été en couple] quand j'ai travaillé sur son disque. Nous avons eu une relation magnifique. J'ai eu l'occasion de passer beaucoup de temps ici. Je me sens chez moi à Paris. 

Vous la voyez quand vous venez ici?

Je ne l'ai pas vue depuis un très long moment. Nous n'avons simplement pas eu l'occasion de nous croiser.

Vous êtes riche, vous avez des tonnes de fans, vous avez vendu 40 millions d’albums dans le monde. Avez-vous encore des rêves?

Bien sûr. Je n’en suis qu’au début. J’aimerais être encore meilleur dans mon métier, m’essayer à des choses nouvelles comme la peinture ou la réalisation de films.

Vous avez déjà travaillé avec John Paul Jones de Led Zeppelin, Steven Tyler, Madonna… Avec qui rêveriez-vous de collaborer en musique?

J’ai déjà travaillé avec Aretha Franklin mais j’adorerais qu’on fasse des albums ensemble. J’aimerais aussi beaucoup enregistrer avec Bob Dylan avec qui j’ai déjà chanté en live sur scène. On en a déjà parlé, avec Bob, mais pas encore avec Aretha. Ce sera notre prochain sujet de discussion.

Lenny Kravitz entame une tournée mondiale le mois prochain. Il passera par Bercy à Paris le 3 novembre, le Zénith de Dijon le 26 novembre, la Halle Tony Garnier à Lyon le 28 novembre, le Palais Nikaia à Nice le 30 novembre, Le Dôme de Marseille le 1er décembre, la Patinoire Meriadeck de Bordeaux le 3 décembre, le Zénith de Lille le 8 décembre et le Zénith de Nantes le 11 décembre.