Spirou en deuil

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Yvan Delporte
Yvan Delporte —

Le nom de Gaston Lagaffe, c’est lui qui l’a trouvé. Les «Schtroumpfs» de Peyo et «Boule et Bill» de Jean Roba, c’est lui qui les a lancés. Lui, c’est Yvan Delporte, celui qui a tenu pendant treize ans la rédaction du journal «Spirou» – le concurrent farfelu du respecté journal «Tintin», chapeauté par Hergé.

Jusqu’à sa mort, le 5 mars, Delporte est resté mal connu du grand public. Né le 24 juin 1928 à Bruxelles, il était entré aux éditions Dupuis comme retoucheur pour gommer les cases jugées trop culottées des séries de BD américaines.

Très vite, il se liera d’une amitié indéfectible avec André Franquin, le dessinateur du Marsupilami, de Fantasio et de Zorglub. Ce qui lui vaudra d’apparaître plusieurs fois, avec sa grande barbe et son dos un peu voûté, dans les cases de «Gaston Lagaffe». On le voit déambuler dans les couloirs des éditions Dupuis, comme une «private joke».

Jusqu’à la fin de sa vie, même sur son fauteuil roulant, Yvan Delporte continuait d’éclater de rire à la lecture des planches de Franquin. Après la mort l’année dernière de Roba et celle, en 2001, de Morris, c’est toute la rédaction de «Spirou», un journal BD qui n’avait peur de rien, qui disparaît.