Air joue sa symphonie de poche

MUSIQUE Le duo électro-pop versaillais sort un quatrième album riche en surprises

©2006 20 minutes

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Le groupe Air
Le groupe Air — no credit

Après le très pop Talkie Walkie en 2004, Air revient avec Pocket Symphony, quatrième album plus abstrait que son prédécesseur. Moins accessible d'emblée, aussi, puisqu'il préfère les instrumentaux aventureux et les balades feutrées aux chansons immédiates à la Sexy Boy ou Cherry Blossom Girl. Deux ou trois écoutes plus tard, ça y est, Air a gagné. On se laisse happer par ses mélodies légères, ses mélanges délicats de sonorités synthétiques et d'instruments japonais anciens, ses voix androgynes chantant des paroles naïves de comptines. Et c'est la force du duo électro-pop versaillais : composer des mini-symphonies sans tomber dans le piège de la démonstration de virtuose en les enrobant d'innocence enfantine. D'ailleurs, Jean-Benoît Dunckel et Nicolas Godin aiment se décrire comme des enfants emprisonnés dans des corps d'adultes. Mais ces gamins trentenaires sont du genre surdoué. Ils ont inventé une identité sonore forte qui résiste aux modes (la french touch est passée, eux sont toujours là). Après neuf ans de carrière, ils font partie des rares artistes français à s'exporter mondialement et à collaborer avec à peu près qui ils veulent. Après Beck en 2001 ou Sofia Coppola qui fait appel à eux pour ses BO de films, ils ont intégré l'équipe qui a travaillé sur 5:55, le deuxième album de Charlotte Gainsbourg. Ils ont aussi composé la musique d'une présentation de l'artiste contemporain Xavier Veilhan*, prouvant leur éclectisme.

Isabelle Chelley