Rentrée littéraire: On a lu… «L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage» de Haruki Murakami

RENTREE LITTERAIRE 10/10 Il est l’un des dix auteurs les plus attendus de la rentrée littéraire 2014: Haruki Murakami, auteur star en France, comme au Japon, signe un de ses livres les plus accessibles, une quête initiatique à la fois sensible et désenchantée…

Stéphane Leblanc

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Haruki Murakami publie 	
"L’Incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage" (Belfond, Septembre 2014)
Haruki Murakami publie "L’Incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage" (Belfond, Septembre 2014) — IVAN GIMENEZ / TASQUETS EDITORES / AFP

Après 1Q84, Haruki Murakami, l’écrivain japonais le plus populaire de la planète publie en France L’incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage.

>> Retrouvez par ici L’amour et les forêts d’Eric Reinhardt, Peine Perdue d’Olivier Adam, Charlotte de David Foenkinos, Viva de Patrick Deville et Pétronille d’Amélie Nothomb…

La première phrase: «Depuis le mois de juillet de sa deuxième année d’université jusqu’au mois de janvier de l’année suivante, Tsukaru Tazaki vécut en pensant presque exclusivement à la mort.»

En trois mots: Une quête initiatique en forme d'enquête existentielle.

Le pitch: C’est l’histoire d’un trentenaire qui a passé sa vie à se regarder flotter, comme indifférent au monde qui l’entoure. Tsukuru Tazaki se souvient quand même à quel point il a souffert d’avoir été rejeté, du jour au lendemain, par ses quatre meilleurs amis d’enfance. Ils ne lui ont jamais donné la moindre explication, mais lui, de son côté, n’a jamais osé en demander. Jusqu’au jour où, il se décide enfin à partir à leur recherche pour tenter de comprendre…

On lit… ou pas? On lit. Parce qu’avec ce roman relativement court (384 pages) et accessible, l’écrivain japonais ne décevra pas ses fans et s’en fera de nouveaux. Intrigue cinématographique sur des amitiés de jeunesse blessées, pleines de non-dit… On reconnaît Murakami. Mais le récit est plus simple et plus épuré qu’à l’accoutumée. Il y a bien quelques éléments fantastiques (une fille avec six doigts) et une histoire de meurtre pas très nette, mais on est surtout sensible à la vague de mélancolie qui emporte le héros, dont les évocations récurrentes du «Mal du pays» donnent furieusement envie d’écouter ce morceau de piano de Frantz Liszt en lisant le roman.


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L’enjeu: Murakami n’est pas seulement l’un des quelques écrivains dont le nom est cité chaque année parmi les favoris du prix Nobel de littérature, il fait aussi partie des dix auteurs actuellement les plus vendus au monde. Au Japon, l’an dernier, ce roman s’est écoulé à un million d’exemplaires en deux semaines. Le premier tirage est de 200.000 exemplaires en France, où les trois tomes de la trilogie 1Q84 s’étaient vendus à près de 700.000 exemplaires.

Un bon livre pour… s’initier à la prose tout en délicatesse de Murakami.

Une mauvaise idée pour… retrouver le souffle épique de 1Q84, oeuvre monumentale, avec ses mondes parallèles, ses failles spatio-temporelles et ses créatures surnaturelles. Dans ce cas, mieux vaut relire 1Q84.

L’incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage, de Haruki Murakami, traduit du japonais par Hélène Morita, Belfond, 384 pages, 23 euros, en librairie le 4 septembre.