«Je ne me sens impliqué que depuis vingt ans»

INTERVIEW Charles Aznavour. Chanteur, il vient de sortir l’album "Colore ma vie"

©2006 20 minutes

— 

Charles Aznavour

Chanteur, il vient de sortir l’album Colore ma vie.

Une de vos nouvelles chansons s’intitule Tendre Arménie. Un hommage ?

Oui, d'autant qu'on connaît mal cette culture. L'art roman, par exemple, à l'origine de nombre de bâtiments en Italie et en France, vient de l'architecture arménienne. Peu de gens le savent.

Quels artistes arméniens vous touchent en particulier ?

Le joueur de duduk Djivan Kasparian : une pure merveille. Les Américains le font venir d'Arménie pour qu'il joue dans leurs grands péplums. J'aime aussi beaucoup l'oeuvre du compositeur Komitas, un prêtre qui a fait connaître les chants traditionnels arméniens.

D’où vient la réputation des Arméniens dans le jazz ?

Dans les années 1950, ils se sont inspirés des jazzmen américains exilés en France, comme Sydney Bechet. Le jazz était mal vu par les autorités soviétiques, mais certains Arméniens sont devenus très bons !

Le cinéma aussi joue un rôle important pour le rayonnement de cette culture…

En effet, l'acteur Akim Tamiroff et le metteur en scène Ruben Mamoulian ont reçu plusieurs oscars. En France, il y a eu Henri Verneuil. Aujourd'hui, il faut compter avec Atom Egoyan ou Robert Guédiguian. Pour une seule petite nation, c'est déjà pas mal !

Et vous ?

Moi, je suis né en France il y a 83 ans et je ne me sens impliqué que depuis vingt ans. Après le tremblement de terre de 1988, j'ai aidé à réhabiliter des écoles. Mais il y a toujours des choses à construire et on n'a jamais assez d'argent.

Recueilli par Ingrid Pohu