Un musée miroir d'une communauté

HOMMAGE L’Année de l’Arménie met à l’honneur des artistes et une culture en manque d’exposition

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Charles Aznavour a réuni samedi soir sur la scène de l'Opéra de Paris une vingtaine de chanteurs français, dont Florent Pagny, Patrick Bruel et Michel Delpech, pour un concert de bienfaisance, dans le cadre de l'Année de l'Arménie en France, en présence du président arménien Robert Kotcharian et de Bernadette Chirac.
Charles Aznavour a réuni samedi soir sur la scène de l'Opéra de Paris une vingtaine de chanteurs français, dont Florent Pagny, Patrick Bruel et Michel Delpech, pour un concert de bienfaisance, dans le cadre de l'Année de l'Arménie en France, en présence du président arménien Robert Kotcharian et de Bernadette Chirac. — Stéphane de Sakutin AFP

Après quatorze ans de fermeture, le Musée arménien de Paris vient de rouvrir pour deux mois. Musée de poche créé en 1949 par un Arménien en exil, Nourhan Fringhian, il a dû fermer ses portes au public en 1994 pour des problèmes de sécurité. Après quatorze années à avoir veillé en « gardien du temple » sur ses collections, Frédéric Fringhian, fils du fondateur, a organisé la réouverture du musée. « Tout le monde avait oublié ce lieu mais l'Année de l'Arménie en France est un formidable coup de projecteur. L'Etat a fourni les capitaux pour remettre l'électricité aux normes. Pour le reste, nous sommes trois bénévoles. »Deux salles d'un hôtel particulier du 16e arrondissement parisien abritent ainsi une dizaine de vitrines et 500 pièces datant du premier millénaire avant J.-C. jusqu'aux arts plastiques du XXe siècle. « J'ai passé une partie des week-ends de mon enfance à nettoyer ces vitrines, se souvient Frédéric Fringhian. Comme beaucoup d'Arméniens de ma génération, mon seul lien avec ce pays ce sont les objets que nos parents ont emportés avec eux lors de l'exil. Je ne parle pas arménien, mais l'art de ce pays me touche parce que, malgré les invasions successives, les Arméniens ont su garder une identité propre. » Espérant que cette réouverture de deux mois ne soit pas le dernier épisode de la vie du musée, Frédéric Fringhian rêve tout haut de la création d'une maison de l'Arménie à Paris : « Avec un restaurant, une boutique, une agence de voyages... Un endroit de ralliement dont le musée serait le point de départ. »

Benjamin Chapon