Remaniement: Fleur Pellerin devient ministre de la Culture et de la Communication

PORTRAIT L’énarque, qui fêtera ses 41 ans ce vendredi, avait été nommée ministre déléguée à l’Economie numérique en 2012 avant d’hériter du Commerce extérieur…

Anaëlle Grondin

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Fleur Pellerin a été nommée ministre de la Culture et de la Communication le 26 août 2014.
Fleur Pellerin a été nommée ministre de la Culture et de la Communication le 26 août 2014. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Hadopi, l’arrivée imminente de Netflix en France, les intermittents du spectacle… Fleur Pellerin va avoir du pain sur la planche cette rentrée. L’ancienne secrétaire d’Etat chargée du Commerce extérieur va devoir reprendre ces épineux dossiers, puisqu’elle succède dès ce mardi soir à Aurélie Filippetti, qui a quitté le ministère de la Culture et de la Communication.

Enarque à 26 ans

Née en Corée du Sud, puis adoptée en France à l’âge de six mois en 1974, Fleur Pellerin a le parcours d’un haut fonctionnaire classique. Après avoir obtenu le bac à 16 ans, elle choisit d’étudier l’économie à l’Essec avant d’intégrer Sciences Po puis l’ENA, dont elle sort diplômée à 26 ans. Avant de se lancer en politique, elle a commencé par travailler à la Cour des Comptes, où elle s’est surtout occupée de culture. 

Brillante, moderne, bourreau de travail, ambitieuse, la haute fonctionnaire de 40 ans est parvenue très rapidement à obtenir une exposition médiatique forte et à monter les échelons pour devenir ministre de plein exercice. Fleur Pellerin avait fait ses premiers pas au gouvernement en 2012 lorsqu’elle a été nommée ministre déléguée chargée des PME, de l'Innovation et de l'Economie numérique. Lors du remaniement d’avril dernier, le premier ministre Manuel Valls a décidé de lui confier un autre poste, celui de secrétaire d’Etat chargée du Commerce extérieur, du Développement du tourisme et des Français de l’étranger. Une déception pour la femme politique, qui se serait bien vu rempiler à la tête d’un ministère centré sur le numérique. Quatre mois plus tard, la voilà (enfin) nommée ministre de la Culture et de la Communication.

Tensions avec Aurélie Filippetti

Jusqu’à présent, Fleur Pellerin a plutôt bien réussi dans ses précédentes fonctions. Très vite appréciée par les acteurs du numérique, elle a poussé le plan très haut débit, qui vise à équiper tous les foyers français en fibre optique d’ici 2022, mais surtout créé le label «French Tech» pour promouvoir les jeunes entreprises de l’Hexagone. Discrète, elle s’est toujours montrée loyale à François Hollande.

Son seul faux pas jusqu’à présent? Les querelles à répétition avec son ex-collègue Aurélie Filippetti, notamment sur le financement de la culture numérique et la taxation du moteur de recherche Google en faveur de la presse. Des «couacs» qui ont énervé jusqu’au président de la République, relatait le Nouvel Observateur à l’époque. Aurélie Filippetti sentait-elle que Fleur Pellerin visait son ministère? Même si les deux femmes avaient officiellement enterré la hache de guerre lorsque cette dernière était secrétaire d’Etat, leur rivalité était toujours palpable à en croire le Canard Enchaîné. Il y a trois mois encore, l’hebdomadaire satirique rapportait qu’Aurélie Filippetti avait empêché Fleur Pellerin de monter les marches au Festival de Cannes, pour éviter qu’elle ne lui fasse de l’ombre.