Rentrée littéraire: On a lu… «Charlotte» de David Foenkinos

RENTREE LITTERAIRE (3/10) Il est l'un des dix auteurs les plus attendus de la rentrée littéraire 2014: David Foenkinos rend un hommage personnel et poignant à l’artiste Charlotte Salomon, assassinée en 1943 à Auschwitz…

Annabelle Laurent

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David Foenkinos publie Charlotte (Gallimard, 21 août)
David Foenkinos publie Charlotte (Gallimard, 21 août) — BALTEL/SIPA

David Foenkinos a ses fans. Mais c’est aussi ceux qu’il laisse de marbre avec ses «blockbusters» que l’auteur de La Délicatesse devrait surprendre cet automne. Il publie ce vendredi un roman dédié au destin tragique de l'artiste plasticienne Charlotte Salomon.  

>> Par ici, «L’amour et les forêts» d’Eric Reinhardt et par là «Peine Perdue» d’Olivier AdamEt bientôt sur 20 Minutes: Emmanuel Carrère, Amélie Nothomb, Frédéric Beigbeder…

La première phrase: «Charlotte a appris à lire son prénom sur une tombe».

En trois mots: Le portrait d’une artiste de génie.

Le pitch: Charlotte Salomon naît en 1917 dans une famille juive. Sous la menace nazie, elle se réfugie en 1938 sur la côte d’Azur où de 1940 à 1942, hantée par une succession de tragédies familiales, elle va produire dans l’urgence, en pleine apnée créatrice, près de 800 gouaches, textes et partitions. Ils forment Vie? Ou Théâtre?, une œuvre autobiographique considérable retrouvée après sa mort. En 1943, l’artiste est déportée à Auschwitz où elle est tuée à l’âge de 26 ans alors qu’elle était enceinte.

On lit… ou pas? Quand David Foenkinos découvre par hasard, il y a quelques années à Berlin Vie? Ou Théâtre?, c’est «immédiat». La vie de la méconnue Charlotte Salomon «devient [son] obsession». Il marche sur ses traces, visite son ancienne école ou la chambre d’hôtel où elle s’était enfermée pour créer - «Me voilà en extase devant le mur d’une chambre défraîchie»: sa fascination pour l’artiste, sa fragilité, ses démons, son énergie créatrice, est vite contagieuse. Charlotte se lit d’une traite, dans l’élan que suscite la forme très particulière qu’a choisi Foenkinos: des vers libres, et courts. Le style y gagne en sobriété et en puissance. Captivant et poignant. 

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L’anecdote: Pourquoi avoir choisi cette forme de long poème? L’auteur l’explique à l'intérieur du roman: «J’ai tenté d’écrire ce livre tant de fois. Je me sentais à l’arrêt à chaque point. Impossible d’avancer. J’éprouvais la nécessité d’aller à la ligne pour respirer. Alors j’ai compris qu’il fallait l’écrire ainsi».

L’enjeu: Depuis la Délicatesse (2009), écoulé en poche à plus de 700.000 exemplaires, adapté au cinéma en 2011, Foenkinos est catégorisé comme un auteur de best-sellers à la plume légère. Je vais mieux (2013) ou La tête de l’emploi (2014) ont prolongé le succès, et les lecteurs l’adorent. Avec Charlotte, c’est la critique que l’auteur de 39 ans est en train de toucher au cœur. Pour une rentrée marquée par un prix en plus d’un succès assuré en librairie?

Un bon livre pour…  Se réconcilier avec l’auteur. «C’est la première fois que j’aime un roman de Foenkinos» pourrait bien s’entendre cet automne.

Une mauvaise idée pour… Une envie de lecture légère.  

Charlotte, Gallimard, 224 pages, 18,50 euros. Sortie le 21 août.