Le groupe Arctic Monkeys veut faire «une pause indéfinie»

MUSIQUE Après le succès mondial de leur cinquième album «AM», le groupe de rock britanique envisage de s'arrêter quelques temps...

20 Minutes avec AFP

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Le groupe de rock britannique Arctic Monkeys.
Le groupe de rock britannique Arctic Monkeys. — Zackery Michael

Le groupe de rock britannique Arctic Monkeys a  comblé les 40.000 spectateurs du Summer Sonic le week-end dernier à Tokyo. En marge du festival, le quatuor déjanté né sur le Net, désormais capable de remplir des stades de fans, a confié vouloir faire une pause après le succès mondial de son cinquième album, AM.

«Une pause indéfinie»

«Il n'y a pas d'urgence à faire quelque chose d'autre», a déclaré le batteur Matt Helders.«Pour l'instant, cet album semble être à même de s'installer pour quelque temps. Nous n'avons jamais eu vraiment une pause indéfinie. Je ne pense pas que nous puissions tourner davantage», a-t-il expliqué.

La sortie d'AM en septembre dernier avait déclenché un déluge d'éloges et les honneurs de la critique internationale. Ravis de leur accueil au Japon, Helders note: «Nous avons eu l'occasion de jouer beaucoup de nouvelles chansons, je ne m'attendais à cela car, en général, les spectateurs veulent surtout les vieux hits».

«Nous n'avons jamais cherché à briller plus en Amérique, mais quand on est à des milliers de kilomètres de la maison, rien que le fait de ne pas jouer dans une salle vide était pour nous une réussite», poursuit le batteur

Leurs concerts virent aussi au bombardement de sous-vêtements féminins! «Il y a avait plus de soutiens-gorge cette année», sourit Helders. «Les gens écrivent leurs adresses e-mail dessus», assure-t-il, troublé par ce succès transnational.

«Nous avons fait un grand bond»

Leurs deux premiers albums (Whatever people say I am, that's what I'm not sorti en 2006 et Favourite Worst Nightmare sorti en 2007) distillaient un rock syncopé influencé par le rap et le reggae et marqué par les textes pleins de saveur de son meneur Alex Turner. Puis Arctic Monkeys s'est de plus en plus tourné vers l'Amérique, avec des résultats en demi-teinte sur le déconcertant Humbug (2009), puis le paresseux Suck it and see (2011).

«C'est la première fois que nous avons autant de rotations de nos titres à la radio et avons fait d'aussi gros spectacles aux Etats-Unis», se réjouit Helders. AM est le premier disque où les musiciens ont embrasé les Etats-Unis en remplissant les stades du pays, emmené par leur chanteur charismatique, Alex Turner.

«Chaque fois que nous avons fait un disque, nous avons essayé d'avancer un peu», souligne le batteur. «Nous avons fait un grand bond cette fois. Notre troisième album, Humbug, avait aussi été une grande avancée qui nous a donné confiance pour faire quelque chose d'un peu différent».

Et de poursuivre: «Certains trucs du passé ne font plus autant sens ou n'entrent plus si bien dans les canons, mais il n'y a rien dont nous ayons honte». «Toute personne qui avait 18 ans et en a maintenant 28 regarde en arrière et se demande pourquoi elle était ainsi coiffée, ou pourquoi elle portait tel vêtement».

«Peut-être qu'actuellement nous sommes le plus grand groupe du monde»

«Peut-être qu'actuellement nous sommes le plus grand groupe du monde, mais je n'ai jamais pris cela au sérieux. Je ne me réveille pas en pensant que je suis sur le toit du monde. Certes, je n'ai pas me plaindre».

Le guitariste Jamie Cook admet néanmoins que le son actuel tranche avec celui des débuts.

«Il y a beaucoup d'influence R&B dans l'album AM». Cet opus a suscité des comparaisons avec le groupe éphémère Spiders from Mars qui accompagnait David Bowie ou The Strokes aux riffs de guitare flous. «Il y a beaucoup plus de groove et probablement moins de guitare traditionnelle de rock. C'est un album amusant à jouer», acquiesce-t-il.

Les Arctic Monkeys joueront en France ce week-end dans le cadre du festival Rock en Seine.