Festival: Une ambiance plutôt calme dans les rues d'Avignon

REPORTAGE Ambiance de ville morte vendredi dans les rues d'Avignon, où l'ambiance battait à nouveau son plein dès samedi... «20 Minutes» y était, et vous raconte... 

S.G. avec AFP

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Des affiches rappelant le mouvement social des intermittents du spectacle sont apposées sur le Palais des Papes à Avignon, le 4 juillet 2014
Des affiches rappelant le mouvement social des intermittents du spectacle sont apposées sur le Palais des Papes à Avignon, le 4 juillet 2014 — Boris Horvat AFP

On ne parle que de ça depuis un mois. De la peur de l’annulation du Festival. Du conflit des intermittents. De l’énorme peur que cela représente. Vendredi dernier, on apprenait l’annulation de la première du Prince de Hombourg, le spectacle d’ouverture du Festival. Et, de fait, la ville semblait morte et morose en ce jour de première qui aurait dû être un jour de fête… La place de l’Horloge, d’ordinaire bondée à toute heure du jour et de la nuit, était vide. Pourtant, à l’heure de l’apéro, les Bleus jouaient. Mais personne à Avignon n’avait le coeur à la fête. Même pas pour soutenir l’équipe de France. Un spectacle annulé est toujours un déchirement. A la terrasse des cafés, on aperçoit quand même certains comédiens du Prince de Hombourg. Ceux-là même qui devraient être en train de se préparer pour leur grande première.

Vers 19 heures, quelques manifestants défilent. Pas grand monde… Une centaine de personnes à tout casser. Une disproportion assez hallucinante en tout cas, entre l’ampleur médiatique du débat, et la réalité sur le terrain. Bien sûr il y a des banderoles suspendues au-dessus de l’Hotel de Ville ou sur la facade du Palais des Papes, rappelant le combat des intermittents, et beaucoup de gens, artistes ou public, qui ont accroché sur leurs vêtements le petit carré de tissu rouge symbole du soutien à cette lutte. Mais le reste de la ville semble ne pas tellement être affecté par le mouvement.

Intervention avant la fausse première du Prince de Hombourg samedi

Samedi soir, jour de fausse première donc pour Le Prince de Hombourg, une grosse partie de la distribution a pris la parole à tour de rôle avant le début du spectacle. Comédiens, techniciens et le metteur en scène Giorgio Barberio Corsetti, ont interpellé les politiques et les patrons de façon frontale: «Messieurs du Medef, si vous ne nous aimez pas, sachez que nous ne vous aimons pas non plus». Ou encore: «Messieurs du Medef, si vous trouvez qu’il y a trop de culture, c’est que vous en manquez». Le metteur en scène a terminé en invoquant la poésie: «Nous sommes des artisans. Notre matière, c’est l’invisible. Tous ensemble, jour et nuit, nous nous dédions à la poésie». Une intervention largement acclamée par le public.

Avignon a retrouvé dès samedi matin toute son animation, avec les parades festives du «Off». Les comédiens, musiciens et acrobates distibuaient leurs tracts dans la joie et la bonne humeur. Avec le soleil revenait l’ambiance habituelle du Festival.

La météo joue les trouble-fêtes

Dimanche soir, c’est la météo qui a joué les trouble-fêtes. La représentation du Prince de Hombourg, organisée en plein air dans la Cour d’honneur du Palais des Papes, a été interrompue par les intempéries, un quart d’heure avant la fin du spectacle. La première du Mahabharata, du Japonais Satoshi Miyagi, qui devait se tenir lundi soir dans la Carrière de Boulbon à l’air libre, à quelques kilomètres d’Avignon, a ainsi été annulée, le site étant devenu impraticable à cause de la pluie.

Côté Off, la météo semble avoir plus d’effet que la grève décidée par la Coordination des intermittents et précaires (CIP). Seules une centaine de compagnies sur plus d’un millier participant au plus grand rassemblement théâtral de l’année, étaient en effet en grève lundi, selon un décompte à la mi-journée de la CIP.

Une centaine de personnes ont participé dans la matinée à une assemblée générale, avant de se diriger vers le grand magasin Fnac du centre-ville, pour mener un blocage d’une heure. Les sièges de FO et de la CFDT, signataires de la convention d’assurance chômage qui cristallise la colère des intermittents, ont aussi été occupés dans l’après-midi.