Le festival d'Avignon ouvre ce vendredi sous haute tension

CULTURE La CGT-Spectacle a appelé les intermittents à une «grève massive»…

20 Minutes avec AFP

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Interruption de la répétition générale du "Prince de Hombourg" le 2 juillet 2014 à Avignon, par les intermittents du spectacle du festival Off d'Avignon
Interruption de la répétition générale du "Prince de Hombourg" le 2 juillet 2014 à Avignon, par les intermittents du spectacle du festival Off d'Avignon — Boris Horvat AFP

Le festival d'Avignon ouvre vendredi soir avec «Le Prince de Hombourg», sans certitude que cette pièce mythique ne soit interrompue -voire annulée- par les intermittents en colère qui ont déjà perturbé la générale et qui sont appelés à «une grève massive» le jour même par la CGT-Spectacle.

Une assemblée générale du personnel du festival devait se tenir jeudi soir pour décider des actions à mener pour la première du «Prince de Hombourg», une pièce créée en 1951 dans la Cour d'Honneur du Palais des Papes par son fondateur Jean Vilar avec Gérard Philipe. Mardi dernier, le personnel s'était prononcé à 80% pour le maintien du festival, tout en repoussant à cette AG le vote sur les actions à mener pour la soirée d'ouverture.

>> Intermittents: Cinq questions pour comprendre la colère du monde du spectacle

Consciente des risques de débordements, la CGT-Spectacle a toutefois publié une mise au point très ferme jeudi, se déclarant favorable à «des grèves votées par les artistes et les techniciens mais pas aux blocages, ni à l'annulation des festivals».

«Les blocages sont une façon de forcer la main aux artistes interprètes et techniciens au moment de se prononcer sur la grève. Ils sont porteurs d'une division profonde de nos professions (...) nous ne sommes pas partisans de la politique de la "terre brûlée"», souligne le syndicat.

Le syndicat, fer de lance de la mobilisation des intermittents contre la nouvelle convention d'assurance-chômage, appelle en revanche à une «grève massive» pour l'ouverture d'Avignon, avant une autre journée de mobilisation le 12 juillet.

Texte de soutien

Une annulation vendredi de la première du «Prince de Hombourg» coûterait «45.000 euros au festival», souligne Paul Rondin, numéro deux d'Olivier Py, le directeur d'Avignon. L'accès de la Cour d'honneur sera certes sécurisé par des agents d'accueil, mais «il n'est pas question de mettre un policier derrière chaque spectateur», dit-il.

L'équipe du «Prince de Hombourg» a préparé un texte de soutien aux intermittents qui doit être lu au début de la représentation. Les comédiens porteront sur leur costume le petit carré rouge symbole de la lutte.

«Menacés par le ciel et la terre» 

Mais rien, ni personne ne peut assurer que tout se passera comme prévu: «Nous sommes à la fois menacés par le ciel et par la terre», affirme Paul Rondin, puisque des orages sont attendus, ce qui pourrait aussi empêcher la représentation dans la Cour d'honneur, qui se tient à l'air libre.

Dans les rues d'Avignon, les colleurs d'affiche du festival «Off» étaient comme d'habitude à l'oeuvre jeudi. Le coup d'envoi du «Off» sera donné vendredi par une «marche silencieuse», au lieu de la traditionnelle «Grande parade».

«Des trésors de diplomatie» 

A Paris, le trio de personnalités chargé par le gouvernement de la concertation pour apaiser le conflit a commencé jeudi ses travaux, en annonçant son calendrier: les réunions avec l'ensemble des parties, doivent se tenir tous les jeudis de juillet avant une pause en août et leur reprise en septembre.

«Nous avons déployé des trésors de diplomatie pour que tout le monde se mette autour de la table», a souligné Jean-Patrick Gille, l'un des membres du trio. L'enjeu est de convaincre les plus sceptiques des intermittents que la concertation n'est pas seulement un leurre visant à passer l'étape cruciale des festivals d'été.