Jeff Koons en novembre à Paris: «Nous avons une œuvre majeure de notre temps»

ART CONTEMPORAIN L’artiste le plus cher de sa génération était à Paris ce mercredi, à quelques mois du lancement de la rétrospective qui lui sera consacrée au Centre Pompidou…

Annabelle Laurent

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Jeff Koons au Whitney Museum of American Art
Jeff Koons au Whitney Museum of American Art — TIMOTHY A. CLARY / AFP

Ses œuvres monumentales viennent de prendre d’assaut les quatre étages du Whitney Museum of American Art, à New York, mais bientôt c’est à Paris que Jeff Koons sera célébré en grande pompe.

N’en déplaise à tous ses détracteurs qui s’étranglent à chacun de ses nouveaux records sur le marché de l’art: fin 2013, l’un de ses «Balloon Dog» est parti pour 58 millions dollars, un record. Le 26 novembre prochain, c’est un autre «Balloon Dog» qui investira le Centre Pompidou. Jeff Koons y était présent ce mercredi, quelques mois en amont.

>> Retrouvez par ici la rétrospective new-yorkaise de Jeff Koons en images

Blues

«Si la France a un peu le blues, je suis désolé de l’entendre»: Jeff Koons a l’art de l’euphémisme. «D’ici à l’ouverture, il y a pour moi une inconnue: comment la France qui broie du noir recevra-t-elle cette leçon d’optimisme?», venait de lancer Alain Seban, le président du musée, qui disait n’avoir aucun doute: Ni sur la fréquentation – «ce sera un très grand succès», «elle générera plus de recettes que de dépenses [faramineuses]», ni sur les polémiques à venir- «nous voulons rencontrer les contradicteurs», ni sur la légitimité de l’exposition: «Nous avons une œuvre majeure de notre temps».

Balloon

Six ans après avoir pris ses quartiers à Versailles où l’arrivée d’un homard géant dans le salon de Mars en avait exaspéré plus d’un, Jeff Koons revient en force avec plus de 150 œuvres qui retraceront ses 35 ans de carrière via un parcours chronologique, «fidèle à sa logique, celle des séries», a annoncé le directeur Bernard Blistène en les énumérant, des «Inflatables» de 1979 aux «Gazing Balls» de 2013. Le Michael Jackson et son chimpanzé en porcelaine (1988), le ballon de la série Equilibrium (1995), le buste de Louis XIV… Les fans n’auront aucune frustration, tout y est.

La fameuse série «Made in Heaven», dans laquelle il se mettait en scène nu avec sa femme de l’époque, La Cicciolina, star du porno reconvertie, aussi. L’une des œuvres sera d’ailleurs installée en plein Paris, comme elle l’avait été à New York, a annoncé Bernard Blistène sans pouvoir en dire plus. «Nous sommes en train de fixer l’emplacement».

Baptême

«Aucun endroit dans le monde ne pourrait m’importer autant que la France», s’est réjoui Jeff Koons, en se rappelant avoir été reçu avec plusieurs artistes par Jacques Chirac à la fin des années 1990. «Aux Etats-Unis, c’est le cinéma, le divertissement, qui définit la culture. Il y a en France une vraie compréhension du rôle de l’artiste dans la société. Et une vraie capacité des Français à s’ouvrir à d’autres sensations via l’art.»

«Ce sera pour des milliers de gens la première fois qu’ils verront mes œuvres, qu’ils seront en contact physique avec la porcelaine de Michael Jackson ou un Balloon Dog, c’est pour moi le plus important.» Parisiens, profitez de l’été, winter is coming, et il sera kitsch. Euphémisme.