Etienne Daho fait tomber la France avec un joli retour sur scène

CHANSON Après de graves problèmes de santé, le chanteur français a retrouvé la scène mardi soir à la Cité de la musique...

Joel Metreau

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Etienne Daho, en 2013.
Etienne Daho, en 2013. — Richard Dumas

Après un album remarquable l’année dernière, Etienne Daho avait raté son rendez-vous avec le public. Après une péritonite qui a failli lui coûter la vie, le chanteur de 58 ans avait dû décaler la sortie de ses Chansons de l’innocence retrouvée ainsi que des dates sur scène. En ce début de juillet, à Paris, la Cité de la musique, à Paris, lui offre carte blanche pour plusieurs concerts. Le premier était consacré à l’intégrale de Pop Satori.

Cet album d’Etienne Daho sort en 1986, à peine un an après le 3 d’Indochine. Alors que les «3e sexe» et «Trois nuits semaines» du groupe sonnent comme des manifestes coup-de-poing, Etienne Daho effleure la new-wave avec plus de légèreté, avec des chansons plus pop, mais tout aussi ambigües. Les tubes «Tombé pour la France», et son chantage amoureux à la pendaison, et «Epaule Tatoo», et sa «Suzie qui dans le vice versa», le propulsent en tête des ventes de 45-tours.

Au premiers rang dans la fosse de la Cité de la musique, les deux femmes qui s’embrassent portent des tee-shirts mariniers. Clin d’œil à la pochette de l’album précédent de Daho, La notte, la notte, où le chanteur avait été immortalisé sur la pochette par une photographie de Pierre & Gilles. Daho, lui, arrive sur scène dans un costume aussi sobre qu’elles: lunettes, veste, pantalon et chemise noire, un col blanc lui donne l’allure d’un prêtre. C’est vrai qu’on est un peu à la messe. Le public reprend les chansons en chœur.

«On a fait l’album dans une ambiance chaotique»

«Merci d’avoir été patients!» s’exclame le chanteur à son arrivée. On se demande s’il fait référence à son absence de la scène pour cause de maladie ou au léger retard du concert. Les morceaux s’enchaînent avec célérité, portés par les neuf musiciens qui l’entourent. Daho se fait crooner, envoie des baisers de la main, cherche du regard des personnes aux balcons. Il glisse quelques anecdotes: «On a fait l’album dans une ambiance chaotique». Et vers la fin, il invite Arnold Turboust, collaborateur de Pop Satori, aux synthés.

En guise de rappel, Daho interprète «Soleil de minuit». Il raconte: «C’est une chanson qui aurait dû figurer dans l’album Pop Satori, un morceau composé pour le film Désordre d’Olivier Assayas.» Il dédie cette chanson à Nico et à à Ari, le fils que la chanteuse-mannequin affirme avoir eu avec l’acteur Alain Delon. «Pendant qu’on enregistrait, ils sont venus passer l’après-midi avec nous au studio.» Après une dernière reprise du thème de Pop Satori, Daho quitte la scène, dandy à jamais.