Mouvement des intermittents: Les festivals de l'été auront lieu mais seront souvent perturbés

CULTURE Avignon ne sera pas épargné…

A.G. avec AFP
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In this photo dated Thursday, June 26, 2014, part-time and temporary arts workers, striking artists and theater personnel, known as "intermittents", hold fake coffins as they take the streets in Marseille, southern France, to protest against government plans to reform the unemployment benefits insurance agreement. The strike is gathering steam throughout the country, threatening the cancellation of various arts festivals like Avignon Theater festival this summer. (AP Photo/Claude Paris)/REB117/481912716100/PHOTO DATED JUNE 26, 2014/1406271034
In this photo dated Thursday, June 26, 2014, part-time and temporary arts workers, striking artists and theater personnel, known as "intermittents", hold fake coffins as they take the streets in Marseille, southern France, to protest against government plans to reform the unemployment benefits insurance agreement. The strike is gathering steam throughout the country, threatening the cancellation of various arts festivals like Avignon Theater festival this summer. (AP Photo/Claude Paris)/REB117/481912716100/PHOTO DATED JUNE 26, 2014/1406271034 — Claude Paris/AP/SIPA

Les festivals d'été auront lieu mais de façon perturbée dans beaucoup d'endroits y compris à Avignon, a expliqué ce dimanche Denis Gravouil, secrétaire général de la CGT-Spectacle, fer de lance du conflit des intermittents pour défendre leur régime d'assurance chômage.

Ainsi, «le festival d'Avignon n'aura pas lieu tranquillement. Il aura lieu selon des formes qui seront décidées par les gens qui y travaillent», a déclaré Denis Gravouil sur Europe 1. «Ce n'est pas un choix binaire entre tout bloquer et ne rien faire. Ce qui va se passer tout l'été c'est qu'il y aura des mobilisations sur toutes leurs formes», a-t-il dit.

Grève «massive» le 4 juillet

Les intermittents protestent contre la nouvelle convention d'assurance-chômage, en vigueur mardi prochain, qui durcit les conditions d'indemnisation des professionnels du spectacle, en rallongeant notamment le délai de carence entre la fin des périodes travaillées et le versement des allocations. Le Premier ministre Manuel Valls a annoncé à la mi-juin que l'Etat prendrait en charge ce différé, mais la colère des intermittents n'est pas retombée.

La CGT-Spectacle a étendu à juillet son préavis de grève menaçant la tenue des festivals et appelé à une grève «massive» le 4 juillet, jour d'ouverture du festival d'Avignon avec la première du «Prince de Hombourg» dans la Cour d'honneur du Palais des papes. «C'est aux salariés, artistes et techniciens de se prononcer» sur place, a souligné Denis Gravouil. Un vote est prévu justement lundi à Avignon qui devrait être rendu public mardi.

Olivier Py soutient les intermittents

Le directeur du festival, Olivier Py, a déjà dit qu'il soutenait la cause des intermittents mais que «rien ne justifiera qu'on ne lève pas le rideau». Dans un entretien au Journal du dimanche, Olivier Py enfonce le clou: «Sacrifier Avignon ne servirait à rien».

A Aix, où le festival d'opéra ouvre mercredi, les salariés ont voté à près de 80% contre la grève. Mais «ce scrutin (qui) traduit notre souhait d'assurer le bon déroulement de cette édition 2014, n'exclut pas l'éventualité d'une grève sur certaines représentations», ont averti vendredi les salariés.

Le Printemps des comédiens particulièrement touché

Au contraire à Montpellier, le Printemps des comédiens qui s'achève ce dimanche aura vu quasiment toutes ses représentations annulées depuis début juin.

Denis Gravouil a redit dimanche matin combien la nouvelle convention chômage était «très mauvaise» pour tous les chômeurs car elle va «faire baisser leurs droits». Il a défendu un texte alternatif en assurant que «les trois-quarts des artistes gagnaient moins de 9.000 euros par an».

«La précarisation de plus en plus grande»

Environ 100.000 intermittents sur les quelque 250.000 qui cotisent à ce régime spécial perçoivent des allocations chômage et depuis la réforme qui a modifié le mode de calcul des heures travaillées en 2003, le nombre d'artistes bénéficiaires a chuté de 67.000 à 51.000. Parmi ces artistes indemnisés, 48% perçoivent 1.996 EUR brut par mois en additionnant leurs cachets et leur allocation, selon l'Unedic.

«Même si on voit un petit nombre de gens, les stars les plus grandes, qui gagnent de plus en plus d'argent, pour la plupart (des intermittents), la précarisation est de plus en plus grande», a souligné M. Gravouil.