Iron Maiden, Black Sabbath, Deep Purple… Un air des années 1970 au Hellfest 2014

FESTIVAL Les «papys» du heavy metal et du hard rock tiennent le haut de l’affiche de cette 9e édition, qui se déroule ce week-end à Clisson en Loire-Atlantique…

Anaëlle Grondin
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Black Sabbath sur scène à Copenhague au Danemark en novembre 2013.
Black Sabbath sur scène à Copenhague au Danemark en novembre 2013. — Mikkel Berg Pedersen/AP/SIPA

Le Hellfest 2014 est un cru exceptionnel. Ce week-end, les amateurs de hard rock et de heavy metal pourront «headbanger» au pied d’une ribambelle de groupes mythiques comme Iron Maiden, Black Sabbath, Aerosmith, Deep Purple et Slayer. Des noms qui ont permis au festival d’écouler plus de 120.000 billets en un mois et demi. Un record. Mais où sont les jeunes?

Ces formations, nées dans les années 70-80, continuent de faire de l’ombre aux groupes plus récents, monopolisant  encore aujourd’hui le haut de l’affiche. Une tendance étonnante qui paraît propre à la musique metal en comparant avec des festivals «mainstream» (pop, rock…).

«Un côté très fétichiste» 

«Black Sabbath, Deep Purple, etc., ce sont des légendes, des précurseurs. Beaucoup de gens leur vouent un culte. Même les jeunes de vingt ans vouent une admiration à ces groupes», commente Ben Barbaud, le fondateur du festival, tout en insistant sur le fait qu’il existe tout de même des groupes plus jeunes comme «Rage Against The Machine» qui parviennent aussi à attirer des foules extraordinaires en concert. «Le fan de hard rock a un respect éternel pour les anciens, un côté très fétichiste, une passion dévorante que l’on retrouve peu dans d’autres genres», ajoute le fondateur du Hellfest.

«La crise du disque a beaucoup moins  touché le metal, assure-t-il. Le metalleux aime acheter le disque, porter un tee-shirt de son groupe favori, il n’hésite pas à payer très cher pour le voir en concert [le Hellfest est le festival le moins subventionné de France, le pass trois jours coûte 190 euros].»

«Le metalleux ne zappe pas» 

Et surtout, le metalleux ne «zappe» pas. Iron Maiden, Black Sabbath et consorts peuvent compter sur une base de fans extrêmement solide. Par ailleurs, «le public restait sur les mêmes groupes auparavant», estime Ben Barbaud. «Dans les années 80, on écoutait, on réécoutait, on écoutait encore une fois. Avec Internet, on écoute, on jette, on écoute, on jette. On verra si dans dix ans Stromae est toujours à la mode, je ne suis pas certain.» 

Mais lorsque Deep Purple et Aerosmith n’auront plus assez d’énergie pour se produire sur scène, comment fera le Hellfest? «Il y aura automatiquement des groupes qui seront fédérateurs, comme Rammstein, Rage Against The Machine», affirme Ben Barbaud, serein. «Le metal ne va pas mourir, les gens aiment cette musique». Il relativise toutefois par rapport aux groupes légendaires qu’il est parvenu à réunir cette année: «On propose 170 artistes ce week-end. On a aussi un public de connaisseurs qui, lui, ne vient pas un soir voir une tête d’affiche.» 

 

 

Des «Bisounours»

Malgré les polémiques et préjugés sur le metal et le hard rock, le Hellfest se porte très bien. Il est le deuxième plus grand festival de France après les Vieilles Charrues en termes d’attractivité. «On n’a jamais eu affaire à un seul débordement», assure Ben Barbaud. «Les gens ont des tatouages et des cheveux longs, mais ce sont des Bisounours déguisés en metalleux. Je n’ai jamais vu de sorcellerie ni de sacrifices d’animaux au festival», ironise-t-il.