Julianne Moore fait ressentir l'étrangeté d'être née d'une mère étrangère

EDITION JEUNESSE «Maman n’est pas d’ici» est le quatrième livre jeunesse signé par l’actrice américaine, prix d’interprétation au dernier festival de Cannes…

Stéphane Leblanc
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Planche de l'album
Planche de l'album — M.SO / STEINKIS

Sa maman non plus n’était pas d’ici. L’actrice américaine Julianne Moore raconte que sa mère, Ecossaise d’origine, ayant émigré aux Etats-Unis en 1950 à l’âge de 10 ans, a longtemps refusé d’adopter la nationalité américaine, fermement convaincue de retourner un jour vivre en Ecosse. «J’ai été élevée par une mère qui ressentait fortement son appartenance à une autre culture», raconte l’actrice, récemment primée à Cannes. Une culture qu’elle lui a transmise et qu’elle reproduit dans son livre chez une mère japonaise, une allemande, une mexicaine, une afro-américaine…

Malgré ses variations infinies, le sujet de Maman n’est pas d’ici, l’album qu’elle vient de publier (ed. Steinkis), est universel. Pour un jeune enfant, avoir une mère qui vient d’un autre pays rend forcément sa vie un peu différente de celle de ses camarades de classe: elle parle avec un accent, cuisine avec de drôles d’aliments, porte des vêtements étranges et son enfant ne lui ressemble pas forcément… A l’école, on se pose évidemment des questions, alors qu’un enfant n’aspire généralement qu’à une chose: ressembler aux autres.

Impliquée en faveur de l’alphabétisation des jeunes enfants

Avec ses couleurs vives, le livre est optimiste, joyeux et tendre, transformant les maladresses en richesses par la magie du droit à la différence et à la tolérance. Ce n’est jamais simpliste, mais juste, cocasse et émouvant. Comme lorsque tous ces enfants issus de la mixité s’exclament en chœur «Maman», en pensant secrètement à la façon qu’ils ont d’appeler leur mère dans l’intimité.

Auteur, déjà, de quatre livres jeunesse, impliquée en faveur de l’alphabétisation des jeunes enfants aux Etats-Unis, Julianne Moore a non seulement écrit cette histoire, mais également choisi les belles aquarelles de Meilo So pour l’illustrer. «Je voulais pouvoir ressentir la personnalité de ces mamans, leurs caractéristiques physiques et ethniques, leurs émotions. Je voulais qu’elles ressemblent à toutes ces mamans que j’ai connues et que je continue de fréquenter. Et le travail de Meilo capture tous ces aspects à la perfection», explique l’actrice avant de préciser que cette illustratrice née à Hong Kong «vit aujourd’hui avec sa famille en Ecosse, d’où était originaire ma mère!»