Gérardmer tient ses zombies bien au chaud

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Loin des clichés sanguinolents véhiculés par les films d'horreurs des années 1970, les longs métrages présentés au festival de Gérardmer (Vosges) incarnent un cinéma fantastique pluriel, tantôt comique, tantôt angoissant.
Loin des clichés sanguinolents véhiculés par les films d'horreurs des années 1970, les longs métrages présentés au festival de Gérardmer (Vosges) incarnent un cinéma fantastique pluriel, tantôt comique, tantôt angoissant. — Jean-Christophe Verhaegen AFP

Pour les frissons, il fallait chercher du côté des salles de cinéma. Si le temps était particulièrement doux, la semaine dernière à Gérardmer (Vosges), les films, eux, étaient fidèles au genre. Horreur et fantastique sous toutes ses déclinaisons : maisons hantées, zombies gentils, spectres et fantômes... « Je ne cherche pas à être original, explique le réalisateur autrichien Andras Prochaska. Les spectateurs et moi savons ce qui fonctionne. » Dans trois jours, tu seras morte, prévenait le titre de son film. Ce qui n'a pas empêché un spectateur de crier « N'y va pas ! » à l'héroïne qui hésitait à ouvrir une porte. Peine perdue : le tueur était effectivement derrière la porte. Aussi téléphoné soit-il, le film a cartonné en autrichien en 2006. A Gérardmer aussi...

Dans les files, quelques festivaliers s'amusent à arborer les stigmates de précédentes projections : impacts de balle au milieu du front, balafres sanglantes : un atelier de maquillage serait la cause du carnage. Le président du jury, Irvin Kershner, a d'ailleurs considéré le public gérômois comme « le meilleur qu'il n'ait jamais vu ». Un soir, le réalisateur de l'Empire contre-attaque s'est retrouvé à table avec David Carradine. Mais le Bill du Kill Bill de Quentin Tarantino a avoué ne pas avoir reconnu Irvin Kershner : « Et c'est peut-être mieux ainsi, on a pu parler d'homme à homme. » Aux festivaliers qui l'ont reconnu, Irvin Kershner a raconté en détail ses anecdotes d'ancien combattant sur son Star Wars (l'épisode 5) et son James Bond (Jamais plus jamais) : « Je fais des films pour pouvoir rêver, même quand je ne dors pas. Pas vous ? »

A Gérardmer, Benjamin Chapon

Les trois films primés sont... des comédies ! The Bothersome Man, où le purgatoire ressemble à la vraie vie, du Norvégien Jens Lien, remporte le grand prix. Black Sheep, avec des moutons cannibales, et Fido, avec de gentils zombies domestiques, se partagent le prix du jury.