Adieu la remise de la Fnac sur les livres

RISTOURNE Les 5 %, c'est fini : depuis lundi, la Fnac a cessé d'appliquer son rabais sur la vente des livres

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L'entrée d'un magasin Fnac.
L'entrée d'un magasin Fnac. — Fred Dufour AFP/Archives

Les 5 %, c'est fini : depuis lundi, la Fnac a cessé d'appliquer son rabais sur la vente des livres. Depuis 1981, la remise était devenue une tradition, instaurée au même moment que la loi Lang imposant aux libraires un prix unique pour le livre, à 5% près. A la Fnac, cette ristourne se limitera désormais aux seuls adhérents et à la vente de livres sur Internet, un secteur hautement concurrentiel puisque les autres sites de commerce culturels la pratiquent tous. « Grâce à une communication offensive, la Fnac a toujours voulu faire croire qu'elle était moins chère que les librairies indépendantes, ce qui n'est pas vrai, s'insurge Marie-Rose Guarnieri, de la Librairie des Abbesses à Paris (18e). Les libraires se sont alignés de longue date avec des cartes de fidélité et des avoirs, mais ils ont fait moins de bruit ». De son côté, Virgin Mégastore avait déjà renoncé à cette politique tarifaire il y a trois ans. Selon Delphine Bouétard, libraire au Virgin des Champs-Elysées, cette décision n'a pas entraîné de changement dans les habitudes de consommation des lecteurs acheteurs. Aujourd'hui, les grandes chaînes de magasins culturels comme les petits libraires se retrouvent donc tous logés à la même enseigne : ils pratiquent le rabais, mais seulement auprès d'une clientèle fidélisée. Fière de compter 1,8 million d'adhérents, la Fnac ambitionnerait-elle d'en augmenter encore le nombre, afin de constituer, suivant le modèle d'Internet, une grande communauté made in Fnac ?

Ce changement dans la politique de prix intervient quatre mois après la réforme de la carte d'adhésion, et ne répondrait à aucune restriction budgétaire, selon la Fnac qui se prévaut d'une offre moyenne de 450 000 références (hors scolaires, sciences techniques et médecine) dans ses magasins. Pour autant, on ne peut pas écarter que la décision intervient au moment où le marché du livre doit annoncer une baisse alarmante de son chiffre d'affaires dans les prochains jours.

Karine Papillaud