Crimée: Les trafiquants de pièces archéologiques se réjouissent des tensions

TRAFIC La période de troubles dans la région a été propice à de nombreux pillages de sites archéologiques…

Benjamin Chapon

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Torque en or datant du 2ème siècle de notre ère présenté dans l'exposition
Torque en or datant du 2ème siècle de notre ère présenté dans l'exposition — Peter Dejong/AP/SIPA

Les récents événements en Ukraine, et particulièrement en Crimée, qui a voté son rattachement à la Russie, ont fait des heureux sur le marché de l’art. La période de troubles a en effet été propice à de nombreux pillages de sites archéologiques selon The Art Newspaper.

L’Unesco s’était alarmé de la recrudescence de vols d’objets archéologiques consécutifs au désordre politique en Crimée. Les musées et sites archéologiques sont restés plusieurs jours sans surveillance et ont été largement pillés selon l’organisation internationale.

90 % d’objets pillés

Interpol, qui dans un récent rapport faisait la liste des zones où les pillages étaient le plus fréquents, a classé la Crimée aux côtés de la Syrie, l’Irak et la Libye. Selon l’organisation de coordination des polices internationales, des objets archéologiques en provenance de pillages opérés en Crimée irriguent déjà le marché noir.

Denis Kozak, directeur de l’Institut archéologique ukrainien, avait déclaré en 2011, que près de «90 % des objets archéologiques de Crimée avaient été pillés», rappelle Art Media Agency.

Vigilance redoublée

Dans une lettre signée par la plupart des organismes de ventes aux enchères d’objets archéologiques, les dirigeants s’engagent à redoubler de vigilance concernant les ventes de biens issus de la région de la mer Noire.

Le responsable d’une maison de vente parisienne, interrogé par 20 Minutes, a confirmé que «le marché parallèle et illégal des biens archéologiques comporte en ce moment de nombreux objets provenant de pillages en Crimée mais aussi dans tout le Moyen-Orient. Et ce dans des proportions inédites depuis au moins 30 ans.»