D'est en ouest, Angoulême fait le grand écart pour ses prix

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Pour la première fois, un manga a reçu le prix du meilleur album à Angoulême : Non Non Bâ, du maître japonais Shigeru Mizuki, A travers cette chronique familiale audacieuse, le jury a voulu primer un genre dont le lectorat français va grandissant. Un bel esprit d'ouverture, auquel s'est jointe la ville d'Angoulême, qui a décerné son Grand Prix à l'Argentin José Munoz, arrivé sur place hier à la toute fin des festivités. Récompenses mises à part, l'édition 2007 s'est distinguée par ses festivités. Files de dédicaces interminables, concerts de dessins et matchs d'impro BD qui affichaient complet. L'Américain Charles Burns s'est même demandé : « Finalement, la France est un pays surpeuplé, non ? » Les fans de Lewis Trondheim ont pu tâter son humour pince-sans-rire lors d'un atelier-rencontre. En pleine démonstration d'aquarelle, le président du jury a confié : « Le dessin, c'est pas important, ce qu'il faut, c'est raconter de bonnes histoires. » Le trublion, qui avait annoncé que sa présidence serait prétexte à « foutre le boxon », a finalement mis de l'eau dans son vin. Profitant d'un incident technique lors de la remise des prix, il a même plaisanté avec Michel-Edouard Leclerc, celui-là même qu'il avait promis de « faire virer du festival » un an plus tôt. L'inauguration d'une rue Goscinny a donné à Astérix et Obélix l'occasion de jauger leur énorme popularité devant une foule en transe. De quoi réchauffer l'atmosphère d'une 34e édition qui, malgré le froid des premiers jours et n'en déplaise aux mauvaises langues, ne sera certainement pas la dernière.

A Angoulême, Benjamin Chapon et Olivier Mimran