Carbon Airways: «Jouer Coachella, c'est démentiel»

INTERVIEW Pour leur troisième performance aux Etats-Unis en deux ans, le frère et la sœur Fernese sont déjà bien aguerris...

Philippe Berry, à Coachella

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Le duo français Carbon Airways au festival Coachella, le 12 avril 2014.
Le duo français Carbon Airways au festival Coachella, le 12 avril 2014. — F.FERNANDEZ/GOLDENVOICE

Ils ont 17 et 18 ans. Au festival Coachella, la semaine dernière, Enguérand (Engus, aux Etats-Unis) et Eléonore Fernese ont fait danser une tente Sahara surchauffée alors que sur la scène voisine, Julian Casablancas peinait à se faire entendre. Ils remettent ça ce samedi pour le second week-end du festival, et se confient à 20 Minutes. L'objectif du duo originaire de Gray, en Franche-Comté? Continuer à faire de la musique. Et passer le bac.

Vous réalisez que vous venez de jouer Coachella?

Jouer Coachella, c'est démentiel. Il fait tellement chaud, c'est impressionnant de voir ces personnes qui t'écoutent et qui bougent. Il n'y a pas grand monde qui nous connaissait. Mais ils sont venus et ils ne se sont pas barrés, c'est cool.

Du trac?

Oh que oui, à fond. Mais ça nous stimule aussi. Le stress, il est toujours là, même en France. On se prend dans les bras avant le concert, on s'échauffe la voix, ça nous détend.

Vous avez commencé par la musique classique. Comment êtes-vous arrivés à cet indus énervé?

Quand on était plus jeunes, on gravitait entre plein de styles différents. A six ans, j'écoutais [Engus] déjà du Fear Factory. Au début, on faisait des duos violon-violoncelle, puis on est passés à guitare/basse. A deux, on ne pouvait pas jouer tous les instruments, donc on a demandé à nos parents de nous acheter des logiciels et des PC à Noël 2009. La musique électronique assistée par ordinateur, c'est venu tout seul.

Quand on fait de la musique entre frère et sœur, on s'engueule souvent?

Moi [Engus], je compose tout ce qui est instru et Eleonore toutes les parties voix. Je commence par faire des boucles et je lui fais écouter. Si ça l'inspire, elle écrit des paroles et on enregistre. On n'a aucune gêne l'un envers l'autre. Si ses textes sont nuls, je lui dis.

Ecrire en anglais, c'est facile?

Quand il me fait écouter des mélodies, parfois je [Eléonore] fais du yaourt. Après, j'écris les paroles en français et je les traduis en anglais. Nos influences sont surtout anglophones, ça colle mieux à notre univers, et puis on a réalisé plus tard que c'est vital pour s'exporter.

Les interviews en anglais, c'est compliqué?

Parfois, c'est dur. Mais on se débrouille, et puis il y a le traducteur qui est là en cas de besoin. Nos profs d'anglais sont contents, on a de bonnes notes.

Vous suivez des cours adaptés à votre emploi du temps?

Non, on est dans un lycée normal. Il faut qu'on décroche le bac, comme ça, c'est fait. Si la musique s'arrête un jour, on aura eu de très belles aventures, au Portugal, en Espagne, Allemagne, Suisse, Belgique ou aux Etats-Unis, mais il faudra faire quelque chose à côté.

C'est facile de garder les pieds sur terre?

On fait tout pour garder un profil bas au lycée. On répond aux questions, mais on ne va pas être «Oh, je viens de voir Martin Garrix». Je ne crois pas qu'on ait vraiment changé. C'est comme pour la composition, on se le dirait si l'un des deux prenait la grosse tête.

>> Le single «Black Sun» en vidéo