Pourquoi l’élection d’Alain Finkielkraut à l’Académie Française fait polémique

CULTURE Ses détracteurs lui reprochent notamment d’être «réactionnaire» et opposé au multiculturalisme…

J.M.

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Alain Finkielkraut, en octobre 2013, à Paris.
Alain Finkielkraut, en octobre 2013, à Paris. — JEROME MARS/JDD/SIPA

Apprécié par Pierre Nora, Max Gallo, Frédéric Vitoux ou Hélène Carrère d’Encausse, Alain Finkielkraut ne fait pas pour autant l’unanimité, loin de là. Depuis une dizaine d’années, certains propos tenus par le philosophe élu ce jeudi à l’Académie Française ont suscité des émois… Florilège.

Sa vision des émeutes de 2005 dans les banlieues françaises

En 2006, lors d’une conférence-débat au sujet du traitement médiatique des émeutes, il expliquait: «Ce n’était pas tendre la main aux jeunes que d’en faire des héros. Au contraire. Ce qui les handicape, ce n’est pas leur couleur de peau, c’est leur arrogance, leur agressivité, et leur horrible «parler banlieue»», estimait-il, se désolant que «notre humanisme ne se batte plus pour les écoles incendiées, mais pour les incendiaires de l’école». Peu avant, il avait affirmé dans le journal israélien Haaretz: «Cette révolte a un caractère ethnique et religieux.»

Une équipe de football France «black-black-black»

En novembre 2005, dans ce même journal, il déclare: «Les gens disent que l’équipe nationale française est admirée par tous parce qu’elle est black-blanc-beur. En fait, l’équipe de France est aujourd’hui black-black-black, ce qui provoque des ricanements dans toute l’Europe.» Une «blague pas très fine» reconnaîtra-t-il, mais qui lui vaudra aussi de recevoir en 2009 le Prix «Tu l’aimes ou tu la quittes» décerné par les Ya bon Awards, remis par l’association Les Indivisibles.

Son utilisation de l’expression «Français de souche»

Dans l’émission «Des paroles et des actes» sur France 2, le jeudi 6 février, il utilise l’expression «les Français de souche», une expression «directement empruntée au vocabulaire de l’extrême droite» selon Naïma Charaï et Mehdi Ouraoui, deux membres du conseil national du Parti socialiste, qui saisissent le CSA en qualifiant l’intervention d’Alain Finkielkraut «d’inacceptable» et de «dangereuse». Ce à quoi Alain Fiekelkraut répond au Figaro: «L’antiracisme devenu fou nous précipite dans une situation où la seule origine qui n’aurait pas de droit de cité en France, c’est l’origine française.»

Il se dit opposé aux «nouvelles technologies» à l’école

Lors d’un petit-déjeuner de l’UMP sur le thème de l’identité, en janvier dernier, il a regretté leur intrusion à l’école. Pour lui, la «connexion permanente» qui en découle sont opposés au concept même de «culture». Ce qu’a regretté, Jean-François Copé, maire de Meaux: «Ne peut-on pas défendre nos idées tout en réfléchissant à la façon de se connecter avec eux [les jeunes connectés]? C’est le chaînon manquant de, non pas votre, mais notre réflexion».

Son dernier livre L’identité malheureuse viserait les immigrés

Son dernier livre L’identité malheureuse (Stock), paru en 2013, est décrié à gauche. «Un essai contre l’immigration», pour Frédéric Martel dans Slate. «Finkielkraut règle ses comptes avec lui-même. C’est intéressant, c’est légitime. Mais pas sur le dos d’une catégorie de la population parmi les plus fragiles», écrit Eric Aeschimann dans Le Nouvel Observateur.