Le philosophe Alain Finkielkraut élu à l'Académie française

CULTURE Il était candidat au fauteuil de Félicien Marceau, disparu en mars 2012…

A.G. avec AFP

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Alain Finkielkraut chez lui, à Paris, le 26 novembre 2013.
Alain Finkielkraut chez lui, à Paris, le 26 novembre 2013. — PIERRE VILLARD/SIPA

Le philosophe Alain Finkielkraut a été élu ce jeudi à l'Académie française au fauteuil de Félicien Marceau, en dépit de la polémique qui avait précédé le scrutin, ont indiqué des sources concordantes à l'AFP. Le nouvel immortel de 64 ans a été élu au premier tour par 16 voix sur 28. Huit académiciens ont apposé des croix sur leurs bulletins de vote.

La candidature d'Alain Finkielkraut, polémiste anticonformiste, taxé de réactionnaire par ses détracteurs, familier des plateaux de télévision et animateur de l'émission «Répliques» sur France Culture, avait divisé le petit monde feutré du Quai de Conti: personnalité «trop clivante», jugeaient en coulisses les académiciens opposés à son élection, certains allant jusqu'à évoquer l'entrée à l'Académie du Front national.

«Profil idéal», «intellectuel incontournable», rétorquaient ses partisans, parmi lesquels Pierre Nora, Max Gallo, Frédéric Vitoux ou Hélène Carrère d'Encausse, secrétaire perpétuel de l'institution fondée en 1635 par Richelieu.

Normalien et professeur de philosophie

Né le 30 juin 1949 à Paris dans une famille juive originaire de Pologne, Alain Finkielkraut, normalien et professeur de philosophie notamment à l'Ecole Polytechnique jusqu'à l'an dernier, s'est fait connaître du grand public en 1977 avec Le Nouveau Désordre amoureux, écrit avec Pascal Bruckner, livre qui s'attaquait au mythe de la révolution sexuelle, puis toujours avec lui, avec Au coin de la rue l'aventure en 1979.

On retrouve chez ce philosophe de 64 ans l'influence de Hannah Arendt, Emmanuel Lévinas, Charles Péguy ou Milan Kundera. Auteur de plusieurs ouvrages sur la fin de la culture, la littérature, l'amour, la modernité, l'éducation ou la religion, il a été l'un des intellectuels à prôner une intervention occidentale en ex-Yougoslavie.

Un livre polémique en 2013

Parmi ses oeuvres principales, figurent La Défaite de la pensée (1987), Internet, l'inquiétante extase (2001), La Querelle de l'école (2007), Un coeur intelligent, prix de l'essai de l'Académie française 2010, ou encore Et si l'amour durait (2011). Son dernier livre, L'identité malheureuse (2013), dans lequel il aborde les questions de l'identité nationale et de l'immigration, a suscité de vives polémiques.