VIDEO. Le Centre Pompidou va se remettre à l’heure de «The Clock»

INSOLITE Œuvre vidéo de 24 heures composée de trois mille extraits de films où l'heure est indiquée, «The Clock» sera de nouveau projeté au Centre Pompidou les 17 mai, 21 juin et 2 juillet prochain…

Stéphane Leblanc

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The Clock, une vidéo de 24 heures composée de trois mille extraits de films où l'heure  est indiquée.
The Clock, une vidéo de 24 heures composée de trois mille extraits de films où l'heure est indiquée. — christian marclay

Quelle heure est-il ? Pour le savoir, il suffira de regarder The Clock, le film qui donne l’heure pas moins de trois mille fois. Cette œuvre hallucinante, déjà présentée en septembre 2011 au Centre Pompidou, sera à nouveau projetée les 17 mai, 21 juin et 2 juillet au même endroit, selon un communiqué du musée parisien. Il s’agit d’un montage de milliers d’extraits de films et de séries, affichant l'heure en temps réel, 24 heures durant.

L'horloge d'une gare permet de guetter un suspect. Une alarme sonne. Une montre tire un coup de feu (c'est un film de James Bond). Une autre glisse du poignet d'une victime assassinée… Cette enchaînement de séquences donne une idée de ce qu’est The Clock dans le détail. Pour autant, le film ne se contente pas d'égrener une collection de cadrans.

Hypnotique et excitant

«La virtuosité de ce travail repose sur le choix des images, mais également sur leur agencement», s'enthousiasmait il y a deux ans la commissaire Emma Lavigne, quand The Clock fut présenté pour la première fois à Paris. Son auteur, l’artiste américain Christian Marclay «contextualise» ses séquences, précise-t-elle. «Leur durée est non seulement rythmée par l'action, mais dépend du nombre d'extraits où une heure donnée apparaît à l'écran. C'est ce qui rend The Clock hypnotique et excitant.»

A minuit, Big Ben explose, Orson Welles meurt transpercé par les aiguilles de l'horloge géante du Criminel. Et Clark Gable, dans Autant en emporte le vent, se précipite au pied du lit de sa fillette, réveillée par un cauchemar. L’artiste a mis son expérience de DJ pour enchaîner les séquences. «Le son agit comme une glu, c'est lui qui donne son liant et contribue à maintenir l'attention du spectateur, sa curiosité et sa fascination.»

A 3h, des gens qui dorment

Christian Marclay, qui avait préalablement réalisé des films avec uniquement des téléphones ou des coups de feu, a mis trois ans à rassembler ses images, avec six assistants. Mais il a assuré seul le montage, avec ses crescendo et ses moments plus dilatés. «C'était moins facile de trouver des séquences qui se déroulent entre 3 h et 5 h du matin», nous confiait Emma Lavigne. A cette heure-là, Marclay montre surtout des gens qui dorment...  

Primé avec The Clock à la Biennale d’art contemporain de Venise, Christian Marclay ne souhaite pas présenter cette œuvre ailleurs que dans des musées, « car il considère qu'il faut s'extraire du temps pour l'apprécier». On aurait pourtant bien aimé la mettre en fond d'écran sur sa télé. Quand Robert Redford, dans Le Meilleur, brise l'horloge du stade qui indique 16h d’un home run de base ball, c'est qu'il est l'heure d'aller chercher les enfants à l'école.