Quatre choses que vous ignorez (peut-être) sur Kurt Cobain

CULTURE A l’occasion des 20 ans de la mort du chanteur ce 5 avril, «20 Minutes» met votre culture Kurt Cobain à l’épreuve… 

Annabelle Laurent

— 

Kurt Cobain le 23 août 1991 au Reading Festival
Kurt Cobain le 23 août 1991 au Reading Festival — Geoffrey Swaine / Rex F/REX/SIPA

Le 5 avril 1994, Kurt Cobain se suicidait d’une balle dans la tête. Vingt ans plus tard, le chanteur de Nirvana est encore le visage de la révolte pour des millions d’adolescents dans le monde. Même si, comme pour eux, «Smells like teen spirit» ne manque pas de vous provoquer dès les premières notes une décharge dans tout le corps, peut-être reste-t-il quelques failles dans votre maîtrise de la bio de l'«ange blond».

A 15 ans, il se suicide dans un court-métrage

Ado, Kurt Cobain réalisait des petits films avec une caméra Super-8. A 15 ans, il tourne «Kurt Commits Bloody Suicide», un petit court-métrage dans lequel «il fait semblant de se trancher les poignets avec une cannette avant de tomber raide mort au milieu des giclées de faux sang spectaculaires», raconte* le journaliste Charles R.Cross, auteur d’une biographie rédigée en 2001 à l'aide de plus de 400 interviews. Kurt Cobain «plaisantait» aussi souvent à propos des histoires macabres de sa famille et de ses antécédents particulièrement lourds, son grand-père maternel s’était poignardé devant ses enfants, et deux de ses oncles paternels s’étant tués d’une balle dans la tête... En 2008, Frances Bean Cobain, sa fille avec Courtney Love, fêtait ses 16 ans. Le thème qu'elle choisit? Le suicide

L’héroïne calmait à l’origine ses douleurs d’estomac

Kurt Cobain a souffert toute sa courte vie de très violentes douleurs d’estomac qu’il n’a jamais réussi à traiter et qu’il évoquera même dans sa lettre d’adieu - «Je vous remercie tous, depuis le gouffre brûlant de mon estomac nauséeux». C’est pour les calmer qu’il commence à prendre de l’héroïne quotidiennement. Il écrit dans son journal: «Quitte à me sentir comme un junkie, autant en être vraiment un». En 1993, un an après la sortie d’In Utero, Kurt Cobain avait fait une première overdose. Personne ne l'a su à l'époque. Courtney Love le trouve étendu par terre alors qu’il doit donner un concert le soir même à New York. Elle le «ressuscite» par une injection de Naloxone et Kurt se produit quelques heures après... comme si de rien n’était.

«Smells Like Teen Spirit» fait référence à un déodorant

... mais Kurt Cobain n’en a aucune idée pas quand il a décide du titre du cultissime morceau sorti en 1991 et qui portera Nevermind, vendu à plus de dix millions d’exemplaires. Teen Spirit était un déodorant à la mode pour les jeunes américaines que portait sa copine de l’époque,Tobi Vail, du groupe Bikini Kill. En 1990, le batteur Dave Grohl vient de rejoindre Nirvana et sort à son tour avec une membre de Bikini Kill, la chanteuse Katherine Hanna, laquelle écrit un jour au feutre, en référence à sa copine Tobi, sur les murs de la chambre de Kurt Cobain, «Kurt smells like teen spirit». Cobain retient la phrase qui sonne pour lui comme un slogan beaucoup plus profond –  on le traduirait par «Comme un parfum d’adolescence». «Quand il a su plus tard ce que c'était, il était très déçu et sans doute humilié, mais comme il n’a pas vécu longtemps et était de toute façon toujours mal luné, il n’y avait pas de quoi ébranler sa carrière», écrit le Guardian en traçant un parallèle avec la célèbre confusion autour de «Lucy in the sky with diamonds» des Beatles.

Sa lettre d’adieu était adressée à Boddah

Boddah était l’ami imaginaire que le chanteur s’était créé pendant son enfance et auquel il faisait référence pour justifier ses erreurs. C'est à lui qu'il adresse sa lettre d’adieux, traduite par Slate.fr: «Je suis un gosse, trop erratique et trop instable! Je n'ai plus de passion, alors rappelez-vous: il vaut mieux brûler franchement que s'éteindre à petit feu», écrit-il en citant une phrase de la chanson «Hey Hey, My My (Out of the Blue)» de Neil Young, «It's better to burn out than to fade away». L’ami imaginaire Boddah raconte ce qu’il a traversé aux côtés de Kurt dans Le roman de Boddah (ed.Fayard), premier roman d'une libraire et fan de Cobain, remarqué à la rentrée 2013.

*Nirvana, histoire illustrée, (auteurs: Charles R.Cross, Gillian G. Gaar, Bob Gendron, Toodd Martens, Mark Yarm), ed. Place des Victoires, 29,95 €, en librairie ce jeudi 3 avril.