«Les bénéfices passeront par le live ou la publicité»

A Cannes, David Carzon

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Echange attendu entre deux visionnaires. Le Français Jacques Attali et l’Américain Chris Anderson (rédacteur en chef du magazine référence « Wired ») étaient invités par le Midem (Marché international de la musique et de l'édition numérique) à Cannes, pour donner leur vision du devenir de l’industrie culturelle.

L’occasion de prendre un peu de hauteur. Intellectuel et haut fonctionnaire socialiste, Jacques Attali a fondé en 1994 le société de conseils spécialisée dans les nouvelles technologies A&A en 1994. Il a repris la thèse développée dans son livre («Une brève histoire de l’avenir», Fayard) où il assure que la musique est vouée à devenir gratuite. «Ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas de modèle économique derrière et qu’il n’y a pas d’argent à gagner, a-t-il expliqué. Mais cela passera par le live ou la publicité. Mais il y a une question qui ne posera dans ce cas, c’est celle de la redistribution juste et transparente aux artistes.»

Une tendance approuvée par Chris Anderson qui a pris pour cela, l’exemple de la Chine. «Là-bas, le piratage est très important et les artistes gagnent de l’argent avec les concerts et le temps qu’ils consacrent à leurs fans. »

Chris Anderson a également développé sa théorie économique de la Long Tail, selon laquelle l’avenir ne se trouve pas dans les mégahits, Selon lui, le futur des marchés culturels réside dans les millions de marchés de niche cachés au fin fond du flux numérique. Et auquel on a accès avec des outils comme MySpace. «Il n’existe aucun classement musical qui reflète la réalité de ce que nous écoutons tous, a-t-il expliqué. Chacun a son propre classement. Chacun a son propre genre musical. Celui des autres ne m’intéresse pas.»

Et tous les deux de prédire que ce qui arrive aujourd’hui au monde de la musique se répercutera ensuite au livre et au cinéma.