Olivier Py, mars 2014
Olivier Py, mars 2014 — Stéphane Leblanc / 20 Minutes

THEATRE

Polémique avec le FN: «Avignon ne sera jamais un festival nationaliste», prévient Olivier Py

Le directeur du Festival d'Avignon a menacé de quitter la ville en cas de victoire du FN aux municipales...

Le directeur du festival Olivier Py a menacé de quitter Avignon si Philippe Lottiaux, candidat du FN, était élu. Des propos qu’il confirme à 20 Minutes, alors que Marine Le Pen lui suggère de démissionner.

Que pensez-vous des propos de Marine LePen qui vous suggère de démissionner?

Et bien, je lui propose la même chose! De mon côté, je persiste et signe: je ne travaillerai pas avec une municipalité FN. Si le conseil d’administration, où siège l’Etat, la région, le département et la ville me l’impose, j’en tirerais les conséquences. Autrement, on trouvera une solution.

Vous avez suggéré lundi de faire le festival d’Avignon ailleurs?

Oui, et il n’y aurait pas besoin d’aller bien loin. On pourrait s’appuyer sur les communes avec qui nous travaillons déjà. Boulbon qui nous prête sa carrière, Villeneuve et sa Chartreuse ou Vedène… J’avais évoqué en fin de semaine dernière la notion de «décentralisation des 3km», avec un spectacle itinérant de ville en ville, et bien on généralisera cette idée!

Pourriez-vous refuser les subventions que vous verse la ville d’Avignon?

Ce montant représente 28 % du total de nos subventions, l’Etat en versant de son côté plus de la moitié. Mais le festival vit aussi à plus de 40 % de ses recettes…

A quatre mois du début du festival, une telle décision est-elle réaliste?

Je ne suis pas sûr que ce soit techniquement réalisable pour 2014, en effet, mais on sera prêt pour 2015… En tout cas, on ne fera pas comme si de rien n’était.

Marine Le Pen dit que vous n’êtes pas propriétaire du festival d’Avignon…

Non, il appartient à tous les Français. Jean Vilar disait «Le festival n’est ni de droite, ni de gauche, il est d’intérêt général et national en région». Il est même devenu international en région. Mais il ne sera jamais nationaliste.

Que craignez-vous concrètement?

Il est impossible de travailler avec le Front National sans risquer la récupération politique. Que Jean Vilar serve d’alibi à Marine Le Pen, je ne peux pas accepter ça.