La danse puise son renouveau dans l'ironie

Alors qu'à Vanves, Suresnes ou Paris, les festivals battent leur plein en ce début 2007, le fait est évident : il flotte un vent d'air frais sur la danse contemporaine. Pour preuve, les succès aussi inattendus que mérités de Nasser Martin-Gousset ave...

©2006 20 minutes

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Alors qu'à Vanves, Suresnes ou Paris, les festivals battent leur plein en ce début 2007, le fait est évident : il flotte un vent d'air frais sur la danse contemporaine. Pour preuve, les succès aussi inattendus que mérités de Nasser Martin-Gousset avec un Péplum très cinématographique, suivis de ceux de Thomas Lebrun avec son Que Tal en forme de clin d'oeil à Almodóvar, ou du tandem Brigitte Seth-Roser Montllò Guberna qui créera Epilogos, ce soir au Regard du Cygne (Paris 19e). A venir, encore : Kataline Patkaï, qui, dans Rock Identity, singera la gestuelle rock d'un Jim Morrison ou d'un Bertrand Cantat, le 25 janvier à Vanves.

Sur le fond comme sur la forme, ces pièces sont gonflées, ironiques, colorées, mal élevées et tranchent avec ce qu'on avait coutume de voir depuis le début des années 2000. « Ces chorégraphes ont le goût de la culture populaire », constate Christophe Martin. Le directeur du festival Faits d'hiver, qui se tient actuellement dans huit lieux parisiens, souligne aussi « un désir d'intégrer des gestes qui ne viennent pas de l'univers de la danse. Nous sommes dans une période “post-conceptuelle” avec le sentiment que la danse doit repartir à zéro. » Il est vrai que, depuis quelques années, les chorégraphes cherchaient plutôt leurs références dans les arts plastiques. Narration et théâtralité étaient exclues de ce style que l'on a appelé « danse plasticienne » ou « conceptuelle » voire « non-danse ». Mais cette nouvelle vague ne renie pas pour autant les acquis des dix dernières années (vidéo, provocation, nudité). Elle y ajoute une dimension théâtrale et un goût de l'irrévérence. Leurs pièces conduisent, mine de rien, à une critique drôle et futée de la société avec des références à la culture populaire, qu'il s'agisse du rock, du cinéma, de la téléréalité ou de la pornographie.

Philippe Verrièle

« Ce vent de liberté est d'autant plus vif en province que les artistes se sentent moins attendus au tournant », explique Catherine Dunoyer de Segonzac, directrice du CDC de Roubaix, qui soutient notamment Thomas Lebrun.

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