Robert Mapplethorpe Foundation

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Robert Mapplethorpe est-il encore subversif?... Réponse au Grand Palais

La première rétrospective en France consacrée au photographe américain décédé en 1989 s’ouvre ce mercredi au Grand Palais à Paris…

Robert Mapplethorpe est-il toujours subversif? Après Helmut Newton, le Grand Palais expose 250 œuvres du photographe américain, mort du sida en 1989. Une trajectoire fulgurante et brève, au cours de laquelle Mapplethorpe a de son vivant souvent suscité la controverse. Dans cette rétrospective, la première en France, qui lui est consacré, le corps occupe une large part.

New York underground des années 1970

«Il a une obsession de la beauté et de la perfection dans la forme, raconte Jérôme Neutres, commissaire de l’exposition. C’est un artiste néo-classique, son modèle, c’est Michel-Ange. De la population du New York underground des années 1970, il essaie d’en faire les modèles des dieux de la Grèce et de la Rome antique.» D’où des photos de corps sculpturaux, des corps souvent noirs pour qui il éprouvait une «fascination érotique».

Amanda Lear, Arnold Schwarzenegger, Richard Gere

Sur un mur du Grand Palais, sont accrochées ses photos de célébrités confirmées ou en devenir: Amanda Lear, Arnold Schwarzenegger, William Burroughs, Andy Warhol, Richard Gere, Truman Capote, Iggy Pop, Grace Jones… Juste en face, une chambre close «interdite aux moins de 18 ans», à l’image des back-rooms que Robert Mapplethorpe fréquentait. «Son premier sujet c’est la sexualité, notamment SM et gay, pointe le commissaire de l’exposition. C’est une façon de provoquer et de jeter à la tête du public bourgeois et conservateur la réalité d’un New York très libertaire et d’avant le sida.». Dans cette chambre close, des sexes déployés comme des fleurs… Tout un imaginaire pornographique. «Le sexe en érection de Thomas qu’il tient dans sa main. C’est L’Origine du monde de Mapplethorpe», glisse Jérôme Neutres, en référence à la peinture de Courbet qui continue de faire scandale depuis 1866.

«Photographies choquantes»

«Dans le domaine des arts visuels, Robert Mapplethorpe faisait figure de pionnier en produisant des photographies choquantes en raison de leur homosexualité affichée, même s’il prenait toujours soin de contrebalancer cet aspect de son travail par des portraits de femmes du monde et des études de fleur», rappelle l’écrivain américain Edmund White dans le catalogue de l’exposition.

Ex-amant de Patti Smith

Aussi suggestives soit-elles ces fleurs sèment moins le trouble que des photos de pénis et de performances SM. «Il fait partie des artistes qui ont affronté la question du corps. Il compare la sexualité à l’art, parce tous les deux sont des matières magique, selon lui. Pour lui, tous les deux sont une exploration. D’ailleurs, il a vécu dans sa chair une situation compliquée, d’abord en relation avec Patti Smith puis avec des hommes.» La rockeuse, dont il avait illustré la pochette de son premier album, Horses, a d’ailleurs chanté un titre spécialement composé pour son ancien amant lundi soir lors du vernissage de l’exposition.

Mapplethorpe confonté à Rodin

«Je vois les choses comme des sculptures, comme des formes qui occupent un espace », avait déclaré Robert Mapplethorpe. Du 8 avril au 21 septembre, le musée Rodin à Paris accueille une exposition qui confronte deux formes d’expression, la sculpture et la photographie, à travers l’œuvre de l’Américain et d’Auguste Rodin. 
Cinquante sculptures et de 102 photographies établissent le parallèle entre ces deux artistes à travers des thèmes comme «le goût du détail» et «le drapé».