Olivier Py veut rajeunir le Festival d'Avignon

THEATRE Le nouveau directeur a présenté jeudi en Avignon, puis vendredi au théâtre de la Ville, à Paris, les grandes lignes et l’esprit de sa première programmation…

Stéphane Leblanc
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Olivier Py à Avignon le 20 mars 2014
Olivier Py à Avignon le 20 mars 2014 — B.Langlois

Jeune, accessible, audacieux. Ce sont les trois mots qui caractérisent la programmation et l’état d’esprit du «premier festival d'Avignon» d'Olivier Py, le nouveau directeur du principal événement théâtral de l'été.

Jeune et accessible, parce que rajeunir le public est sa première ambition. Nouveauté: les enfants auront leur festival, avec un lieu spécial, la Chapelle des pénitents blancs, et trois pièces contemporaines. Et parce que «11% de moins de 26 ans à Avignon, c'est trop peu», Olivier Py promet un effort tarifaire: un abonnement de 4 spectacles pour 40 euros pour les jeunes jusqu'à cet âge. 

Décentralisation des 3km

Audacieuse, la programmation qui ne compte aucune grosse tête d'affiche, se veut attachée à la vocation populaire du festival fondé par Jean Vilar. Olivier Py parle ainsi de «faire la décentralisation des 3 km» et d'aller dans les quartiers et les villages autour d'Avignon avec un «Othello variation» itinérant, «où le mot maure a été remplacé par le mot arabe et où le sujet de la pièce de Shakespeare n'est plus la jalousie, mais le racisme».

Le programme est resserré par rapport aux années précédentes -36 spectacles contre 40 l'an dernier- avec 21 créations, sur une période légèrement plus longue, du 4 au 27 juillet. Les festivaliers et les professionnels noteront avec satisfaction que cette année, les dates des festivals «In» et «off» coincident...

Un "Henri VI" de 18 heures

Parmi les 25 artistes invités, les deux tiers sont des nouveaux venus. Onze artistes ont moins de 35 ans, dont le Rouennais Thomas Jolly, qui monte à 32 ans un monumental «Henri VI» de Shakespeare en 18 heures. Cette intégrale en trois partie sera donnée d'une traite, avec sept entractes. La première, qui dure sept heures, a été donnée cet hiver aux Gémeaux, à Sceaux. Avec succès.

Si on se souvient d’un autre spectacle fleuve, «Le Mahabharata» de Peter Brook, la version du Japonais Satoshi Miyagi, qui utilise les codes du kabuki, avec un conteur et 25 acteurs, ne durera qu'1h45 dans la Carrière de Boulbon...

Les Têtes raides pour finir en musique

Le festival s'ouvrira dans la Cour d'honneur avec «Le Prince de Hombourg», en hommage à Jean Vilar. La pièce de Kleist, qui n'a pas été redonnée à Avignon depuis l'interprétation mythique de Gérard Philipe dans les années 50, sera mise en scène par l'Italien Georgio Barberio Corsetti, qui a récemment monté un «Chapeau de paille d'Italie» bondissant à la Comédie Française. Et parce qu'un festival «se doit d'être festif et convivial», il reviendra au groupe de rock des Têtes raides de clore l'événement au même endroit. «Ce ne sont pas seulement des musiciens, précise Olivier Py, mais des hommes qui interrogent la parole des poètes.»