La culture générale doit-elle avoir réponse à tout?

CULTURE Livres, sites Internet et jeux télé célèbrent la culture générale, sans toujours se mettre d’accord sur sa définition…

Joel Metreau
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Des livres et de la culture.
Des livres et de la culture. — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

A part à remporter «Questions pour un champion», la culture générale sert-elle encore? Pour la télévision, parfois à innover. Quand M6 lance sa première émission où peuvent participer les téléspectateurs sur leurs appareils mobiles, c’est «Qu’est-ce que je sais vraiment ?». «Le quizz, c’est un genre qui fonctionne bien à la télévision, c’est un divertissement où on apprend en s’amusant», note Caroline Gavignet, productrice du jeu chez Shine France. Un genre qui a n’a pas pris de rides si l’on constate la longévité du «Jeu des mille euros», anciennement «Jeu des mille francs» sur France Inter : 55 ans.

«Avec plaisir et avec jubilation»

La culture générale prête à l’amusement «car c’est ce qu’on apprend avec plaisir et jubilation», affirme Daniel Lacotte, auteur du récent Brèves de savoir (Larousse, 14,90€). Dans son «petit inventaire de culture générale pour esprits curieux» les grands écrivains de la Rome antique côtoient l’alligator «qui ne sait pas marcher à reculons». Bon à savoir si un jour on doit lui faire face. C’est pour «briller en soirée», si l’on s’en tient à la définition du site Se coucher moins bête, cofondée par Philippe Rocheteau, et dont l’application téléchargée 4 millions de fois. Epater ses convives en racontant que le cochon gonflé à l’hélium figurant sur l’album Animals des Pink Floyd avait bloqué l’aéroport de Londres Heathrow après s’être envolé.

«Au départ, on a conçu ce site pour échanger des anecdotes sur tous les sujets, et aussi trier le vrai du faux de manière communautaire», explique Philippe Rocheteau. Les internautes sont invités au partage de leurs connaissances: chatière dont l’invention est attribuée à l’astronome Isaac Newton ou bleu de Facebook, couleur privilégiée par Mark Zuckerberg en raison de son daltonisme.

Epreuve de concours

Une vision fragmentée de la culture qui fait soupirer la docteur ès lettres Florence Braunstein: «’’Questions pour un champion’’? C’est du réflexe, pas de la réflexion. Donner une réponse, c’est du dressage», lâche la coauteur de 1 kilo de culture générale (PUF, 29 euros) sorti fin février. Pour elle «La culture générale ce sont toutes les disciplines que doit connaître à la sortie de l’école un individu adulte: la philosophie, les arts, l’histoire… Des connaissances classiques qui permettent sa construction.» Car, c’est aussi une épreuve de concours administratifs, de plus en plus contestée au fil des années. L’épreuve a été abandonnée à l’entrée d’examen à Sciences Po Paris en 2012. Socialement discriminante selon certains détracteurs, pas assez tournée vers la culture scientifique pour d’autres.

Discriminante? Pourtant, selon Daniel Lacotte, «l’apprentissage de la connaissance est la source de toutes les tolérances, une lutte contre le fanatisme.» Eclectique, la culture générale attise la curiosité et l’envie d’en savoir toujours plus. Au-delà des quizz, des anecdotes et des jeux-concours, elle permet surtout de gagner en ouverture d’esprit.

 

«1 kilo de culture générale» qui vaut son pesant

Florence Braunstein raconte mi-figue mi-raisin à 20 Minutes qu’elle se désolait qu’un jour un étudiant à qui ont avait demandé le nom d’un explorateur connu cite… Internet Explorer. Elle pourrait lui offrir le livre qu’elle a rédigé avec son mari Jean-François Pépin 1 kilo de culture générale. Titre mensonger, ses 1700 pages de cet ouvrage édité par les Presses Universitaires de France font 1.800 grammes. Parmi leurs précédents ouvrages, le best-seller La culture générale pour les nuls s’était vendu toutes éditions à 500.000 exemplaires.