Ddamage, les punks de l’électro française

Propos recueillis par Adeline Lajoinie

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Fred et Jean-Baptiste Hanak, les deux frères membres du duo Ddamage, distillent depuis quelques temps leur electro débridée. Et après avoir bourlingué au Japon, en Angleterre et aux Etats-Unis, c’est la France, leur pays, qui les accueillent bras ouverts. L’occasion pour ces deux originaux d’expliquer leur musique riche et biscornue.

Vous utilisez dans vos clips et pour vos pochettes les personnages Dr Agueev et APE (devenu snakpe, me semble-t-il). Pourquoi avoir créé ces alias? Quel est le rapport entre ces êtres et votre écriture?

Jean-Baptiste : Il s'agit de personnages qui nous représentent. Nous les faisons évoluer avec le temps, comme notre musique. Jusqu'à présent, les gens ont beaucoup identifié Ddamage à l'imagerie du singe, parce le personnage principal de la pochette de notre avant dernier album était un singe. La cassure musicale apportée par notre nouvel album est tellement forte qu'il nous fallait la symboliser par un acte très violent. Nous avons donc pris la décision de tuer ce singe. Il est mort pourse réincarner en une sorte d e créature hybride entre le singe le dragon et serpent. Nous l'avons baptisé Snakpe.

Fred: Mon frère est un chaînon manquant, qui a une énergie incommensurable. C'est vraiment un gorille. Il peut pulvériser un roc. Il aime faire des singeries depuis qu'il est tout petit. «La planète des singes» est un de nos films préférés. Pour le scénario surtout, tiré du bouquin. On recommande fortement tous les films où le singe fait des apparitions intelligentes et brutales («Monkey Bone» de Henry Selick, «La planète des singes» de Franklin J. Schaffner ou Tim Burton, «Le peuple Singe» de Gérard Vienne, «L'armée des 12 Singes» de Terry Gilliam). Contactez nous par mail sur info@ddamage.org pour notre liste de films de singes.

Lors de vos concerts, utilisez-vous la vidéo comme pour vos clips?

JB: Nous refusons l'utilisation de toute vidéo lors de nos concerts. Lorsqu'il s'agit de scène, nous préférons donner à voir au spectateur un véritable concert. En opposition à la majorité des concerts électroniques, où les musiciens se contentent de rester immobiles face à leur ordinateur avec - en général - une vidéo qui tourne derrière, pour faire paraitre le temps moins long.

Sur scène, comment vous partagez-vous le «travail»?
Fred: Mon frère travaille sur un synthé Korg
avec Vocoder ainsi que des générateurs d’effet. Il est aussi au micro sur la moitié des morceaux joués en live. De mon côté, je suis toujours sur Akaï S20, un sampleur séquenceur qui me permet de jouer en live. J’interviens aussi sur le synthé Korg et le Vocoder, et il m’arrive de prendre le micro de temps à autre. Jusqu’en 2003, nous répétions toujours en studio. Depuis que nous jouons régulièrement, les concerts nous servent souvent de lieux de travaux. Nous expérimentons sur scène, tout en jouant nos morceaux récents, ou des inédits, selon les lieux et les ambiances…