Danny Brown, un rappeur déjanté sur des rythmes électro-psychédéliques

MUSIQUE A l’occasion d’un concert à Paris, 20 Minutes a rencontré le rappeur de Detroit, actuellement en tournée en Europe...

Joel Metreau
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Le rappeur américain Danny Brown.
Le rappeur américain Danny Brown. — DR

Avec ses beats électro, sa voix nasillarde et sa gueule punk, pas étonnant que Danny Brown, actuellement en tournée en Europe soit accueilli à bras ouverts sur le Vieux contient. «Aux Etats-Unis, même quand ils n’aiment pas les artistes, les gens vont au concert pour les filles ou pour montrer leur nouvelle tenue. Ici, c’est vraiment pour la musique», raconte l’originaire de Detroit, âgé de 32 ans.

Un attachement à Londres et à sa ville natale

L’Europe, pour lui, c’était d’abord en écoutant le Britannique Dizzee Rascal. «Je suis devenu très attaché à Londres et à toute la scène grime.» Puis du son techno tissé depuis des années entre Detroit et l’Europe, dont la ghettotech, avec ses rythmes rapides et DJ Assault en étendard, est l’un des derniers métissages. «Quand j’étais gamin, on dansait sur ses mix, pas sur ce qui passait à la radio.» Même après ses années de délinquance, de prison et de galère, Danny Brown n’a pas quitté la ville en faillite. Juste déménagé avec sa fille, dans le quartier moins déshérité de Royal Oaks. Son clip «Dope Song» rend d’ailleurs hommage à sa ville natale.

Sur son troisième album Old, il évoque beaucoup sa jeunesse. Sans regret. «Après tout, je fais la même chose aujourd’hui que lorsque j’étais ado: jouer au jeu vidéo, fumer de l’herbe et faire du shopping. Sauf que maintenant je dois payer les factures», sourit-il. Et ce joueur de «Fifa», «Tearaway» et de «Persona 4 Golden» a été invité à une apparition dans «Grand Theft Auto V». «Je regrette de ne pas avoir écrit mes propres dialogues, mais je suis content de voir mon nom au générique.» Son rôle? Celui d’un surveillant de baignade.

Ce 1er mars, c’était la quatrième fois qu’il se produisait à Paris, la précédente fois c’était à l’occasion du Pitchfork Festival. Le pure-player musical américain est l’un de ses fervents soutiens. Danny Brown a touché le cœur des hipsters, mais il évoque un rapport particulier avec la capitale: «C’est un endroit difficile. A chaque fois que je viens ici, je ne sais même pas si les gens vont venir. Mais quand le show commence, c’est excellent.» Pas rancunier, il se mettait en scène sur Instagram avec le drapeau français.

Car le territoire de promotion du rappeur de Detroit, ce n’est ni la radio, ni la télé, qui trouve ses titres inclassables. Trop perché, trop speed, trop psychédélique. Il s’épanche donc sur les réseaux sociaux. Sur Instagram: des photos de ses amis, de son chat Siren, «qui [lui] manque en tournée». Sur Twitter, des retweets de fans, parfois des confidences. Sur Twitter, il s’excuse auprès d’un journaliste qu’il aurait «humilié» en interview. «J’ai mes hauts et mes bas comme tout le monde. Et comme je buvais du sirop comme médicament, j’avais des sautes d’humeur. Mais ça va mieux», assure-t-il. Pas de télé, sauf que le 16 janvier dernier, il a fait son premier show sur la chaîne nationale ABC, chez Jimmy Kimmel. Un moment important? «J’étais nerveux, surtout je savais que ma mère était en train de regarder!»