«Concept», élu meilleur jeu de société de l’année

Joel Metreau

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 «Concept», jeu de société élu «As d'or - jeu de l'année» en 2014.
 «Concept», jeu de société élu «As d'or - jeu de l'année» en 2014. — Repos production

Au bout de 900 jeux testés par le jury du Festival international des jeux, il n’en reste qu’un. Au palmarès 2014, c’est «Concept» qui a remporté le prix de l’As d’Or – jeu de l’année, dans la catégorie grand public. Un prix mérité pour ce jeu malin, épuré et audacieux, qui connaît déjà un succès dans les ventes. Un jeu qui va plaire aux nostalgiques de «Pyramide» comme aux fans de jeux d'ambiance à la «Taboo» ou «Pictionary». Le concept de «Concept» est simple. Il s’agit de faire deviner des personnages célèbres, des expressions, des titres de films… par association d’idées. Pour cela, le joueur va placer des pions sur un plateau, sur lequel sont représentés une centaine de pictogrammes: des couleurs, des notions de taille ou de forme…

Des mayas et des bonobos

A l’origine du jeu, le premier qu’ils conçoivent ensemble, deux Français épris de logique: un mathématicien, Alain Rivollet, et un informaticien, Gaëtan Beaujannot. «L’idée de “Concept” m’est venue en partant de l’écriture maya, avec ses glyphes, une écriture qui fonctionne par empilements d’idées», raconte Alain Rivollet. C’est aussi une expérience scientifique auprès d’un singe bonobo qui les a inspirés. «Quelque 300 symboles vers lequel pointait ce primate, l’un des singes les plus avancés intellectuellement, lui permettaient d’avoir un échange avec un homme, note Gaëtan Beaujannot. Du coup, on s’est dit: pourquoi ne pas construire notre propre tableau générique, comme un tableau de Mendeleïev, qui marcherait dans toutes les langues?»

Se jouer sans la barrière des langues

Et puis, derrière, il existait aussi un enjeu économique. Les deux créateurs souhaitaient développer un jeu qui ne fasse pas appel au langage et qui puisse être joué partout dans le monde. «Quand on fabrique jeu en plusieurs langues, ça engendre des coûts supplémentaires, explique Gaëtan Beaujannot. A l’impression, il faudrait changer les planches donc les maquettes.» D’ailleurs, au Salon du jouet de Nuremberg, plus grand événement professionnel du genre, un prototype de «Concept» avait été testé ensemble par des Coréens, des Allemands, des Polonais et des Russes… 

En route pour devenir un best-seller

C’est dans ce même salon que «Concept» est repéré puis acquis par l’éditeur belge Repos Production. «J’ai eu un coup de cœur, j’ai voulu signer directement sur la table, on n’était pas les seuls à le vouloir», sourit son cofondateur Cédrick Caumont. Il organise une sortie mondiale du jeu au mois d’octobre dernier. En France, 6.000 boîtes s’écoulent. C’est même la rupture de stock de Noël. Actuellement, le jeu a été tiré à 47.000 exemplaires, à peine cinq mois après sa sortie. Un carton quand on considère qu’un jeu devient best-seller après 10.000 ventes…

Le palmarès complet de l'As d'or 2014 est à découvrir en cliquant ici (document pdf).