Aurélie Filipetti accuse le MEDEF de vouloir «tuer la culture»

CULTURE La Ministre de la culture s'en est pris au syndicat patronal après ses propositions sur les intermittents du spectacle...

A.K. avec AFP

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Aurélie Filipetti au Midem de Cannes en février 2014
Aurélie Filipetti au Midem de Cannes en février 2014 — BEBERT BRUNO/SIPA

La ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, accuse le Medef de chercher des «boucs émissaires» et de vouloir tout simplement «tuer la culture» avec sa proposition de suppression du régime des intermittents du spectacle, dans une interview publiée dimanche par Le Parisien.

«Le Medef a une attitude agressive et scandaleuse. Il veut tuer la culture», estime Mme Filippetti tout en insistant sur le rôle économique joué par les intermittents «qui contribuent à un secteur représentant 3,2% du produit intérieur brut».

«Economiquement on a besoin des intermittents. Quand vous investissez un euro dans un festival ou un établissement culturel, vous avez 4 à 10 euros de retombées économiques pour les territoires», affirme la ministre.

Lors des négociations sur l'assurance chômage, le patronat est arrivé des propositions drastiques, dont la suppression pure et simple du régime des intermittents du spectacle, provoquant de vives réactions syndicales ainsi qu'une occupation du hall du ministère de culture.

Dès jeudi, Mme Filippetti avait réaffirmé son «attachement et l'attachement du gouvernement» à ce régime.

Interrogée sur les mesures qui pourraient être prises pour réformer le régime des intermittents, elle s'est montrée très réticente face à un relèvement du nombre d'heures pour toucher les indemnités, estimant que cela pénaliserait «ceux qui sont déjà les plus précaires».

Elle a en revanche mentionné «le plafonnement du cumul possible entre des rémunérations d'activité et des indemnités du chômage» préconisé par les entrepreneurs des professions culturelles.

Actuellement, le régime spécial dont bénéficient les intermittents du spectacle représente 1,32 milliard d'euros versés en 2012 pour 240 millions de cotisations, soit un tiers du déficit total de l'assurance-chômage selon un rapport de la Cour des comptes de 2012.