Le romancier Haruki Murakami présente ses excuses aux habitants d'une petite ville du nord du Japon

LITTERATURE Les élus de Nakatonbetsu, bourgade du nord d’Hokkaido, étaient furieux contre l'auteur de 1Q84…

Mathias Cena

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L'écrivain japonais Haruki Murakami, qui apparaît très peu en public, à Kyoto le 6 mai 2013.
L'écrivain japonais Haruki Murakami, qui apparaît très peu en public, à Kyoto le 6 mai 2013. — YOSHIKAZU TSUNO / AFP

Une banale histoire de mégot. Dans Drive my car, la dernière nouvelle de l'écrivain Haruki Murakami, publiée en décembre dans le magazine japonais Bungeishunju, le personnage principal est conduit en voiture par une jeune femme originaire d’une ville nommée Nakatonbetsu. En la voyant jeter son mégot de cigarette mal éteint par la fenêtre, il pense : « Peut-être que les gens de Nakatonbetsu jettent tous leurs mégots par la fenêtre. »

Un passage dont les huit membres du conseil municipal de Nakatonbetsu, une bourgade de 2.000 habitants bien réelle du nord d’Hokkaido, la plus septentrionale des quatre principales îles japonaises, ont peu goûté la portée littéraire. Furieux, ils ont contacté l’éditeur de la revue pour s’indigner de la mauvaise image ainsi donnée de leur ville, précisant que les habitants participaient à chaque printemps à un ramassage volontaire des déchets sur le bord des routes de la commune.

Le nom de la commune sera modifié

Apprenant cela, le célébrissime romancier japonais a présenté ses excuses vendredi aux habitants de Nakatonbetsu pour le tort causé, expliquant qu’il avait toujours aimé la sonorité du nom de cette ville et l’avait donc incluse dans sa nouvelle. Il promet de choisir un toponyme moins sensible avant la sortie en librairie de Drive my car, dont le titre est emprunté à la première chanson de l’album Rubber Soul des Beatles. C’est d’une autre chanson de ce même album, «Norwegian Wood», que l’écrivain, pressenti pour le prix Nobel de littérature depuis une dizaine d’années, avait tiré le titre de son roman paru en France sous le nom La Ballade de l’impossible, comme son adaptation cinématographique sortie en 2010.

Le dernier roman de Murakami, Le sans couleur Tazaki Tsukuru et ses années de pélerinage, s'est classé numéro un des ventes de livres au Japon en 2013, avec 985.000 exemplaires vendus en sept mois. En France, il est plus connu pour sa trilogie 1Q84, vendue à 600.000 exemplaires.