Pourquoi dévorer le roman fantastique «Nosfera2» de Joe Hill

FANTASTIQUE «Nosfera2», un roman écrit par Joe Hill, fils de Stephen King, plonge le lecteur dans un univers absurde et cauchemardesque…

Joël Métreau

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L'auteur américain Joe Hill, en octobre 2010, à Madrid, en Espagne.
L'auteur américain Joe Hill, en octobre 2010, à Madrid, en Espagne. — INGEL DIAZ/EFE/SIPA

Un talent à découvrir, c’est Joe Hill. Né en 1972 dans le Maine, avide de discussions sur Twitter, cet écrivain américain de livres fantastiques et scénariste de comics,  voit son troisième roman, Nosfera2 (Lattès, 22,90€), paraître en France. Pourquoi le lire?

Parce que Joe s’appelle King. Joe Hill a dissimulé son identité en empruntant comme nom d’auteur son deuxième prénom, «Joseph Hillstrom King». Mais quand les livres de son père, Stephen King, sont automatiquement des best-sellers, difficile d’être scruté autrement qu’à l’aune de cette filiation. De surcroît quand on écrit aussi des romans fantastiques. Le talent n’est pas héréditaire, mais le goût de l’écriture se transmet. Les trois enfants du «maître de l’horreur» sont devenus des auteurs. Jusqu’ici c’est Joe Hill, qui a reçu le meilleur accueil des lecteurs.

Parce que Nosfera2  n’est pas un roman de vampires. Le titre entraîne sur une fausse piste. Ici, pas de morsure, de peau blême, le grand méchant, c’est un croquemitaine. C’est le serial-killer Charles Manx,  qui enlève les enfants pour les emmener, à bord de sa Rolls Royce, dans le monde imaginaire de Christmasland, où c’est Noël tous les jours. Là, il se nourrit éternellement de leurs âmes. Un personnage qui n’est pas sans rappeler le clown maléfique de Grippe-sou dans Ça de Stephen King.

Parce qu’il n’écrit pas comme son père. Stephen King a du talent pour ancrer ses romans dans le monde contemporain, où s’incruste l’épouvante. Joe Hill est moins intéressé par l’irruption de l’horreur que par les cauchemars diffus. Plus proche de Neil Gaiman, pour son goût de confondre réalité et rêve. L’héroïne du livre, Vic McQueen, peut créer des ponts imaginaires pour retrouver des choses perdues. On rencontre aussi une bibliothécaire voyante dont le sac sans fond contient des lettres de Scrabble. Chez Joe Hill, l’héroïne reçoit des coups de fil d’enfants morts. Mais elle n’en fait pas toute une histoire.

Parce que c’est le destin d’une mère borderline. Nosfera2 déroule la confrontation entre Charles Manx et Vic McQueen sur plusieurs décennies, de l’enfance de Vic à l’âge adulte.  Après avoir contrecarré les projets de Charles Manx, Vic McQueen, et son jeune fils vont subir sa vengeance. «Le croque-mitaine dans le placard, c’est effrayant. Le monstre sous le lit est terrifiant. Mais rien ne fait plus peur que d’être mère», racontait Joe Hill dans une interview.

Parce que Joe Hill est un excellent conteur. Ce n’est pas un super styliste, mais un très bon conteur. Et ce talent, Joe Hill le met aussi au service de la bande dessinée. L’univers de Nosfera 2 a été adapté en BD. Sous le titre Wraith et publié par IDW Publising, cette série de comics se veut un préquelle du roman. Mais Joe Hill est surtout l’auteur de la série magistrale «Locke & Key», dessinée par Gabriel Rodriguez, dont le sixième et dernier tome sort en février en anglais et plus tard en France chez Milady Graphics. Une histoire d’enfants, dont le père a été assassiné, et qui découvrent le pouvoir de clés ouvrant sur des mondes parallèles.

Cornes et Fantômes en livres de poche

Nosfera2 s’accompagne de la sortie en poche (éditions J’ai Lu) de deux ouvrages de Joe Hill. Le premier, Fantômes, est un recueil de quinze nouvelles. Le deuxième, Cornes, au héros dont des cornes poussent sur la tête, a été adapté au cinéma par Alexandra Aja, avec Daniell Radcliffe et Heather Graham dans les rôles principaux.