Baroud d'honneur

Sandrine Cochard

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Si vous avez aimé Rocky 1, vous devriez aimer Rocky Balboa. Le sixième opus de la saga puise en effet largement dans le premier, reprenant notamment la fameuse scène de la montée des marches du Philadelphia Museum of Art. Las, remonter sur un ring à 55 ans n’est pas aussi aisé qu’à 25. «Là, on touche le pathétique, bien plus qu'avec les grandes idées téléphonées du légendaire Sly. Dans Rocky Balboa, on s'en taperait presque le ventre d'ailleurs. Cependant, on le sait, les mauvaises boutades font parties du personnage. Conscient des pics que ses détracteurs lui ont toujours lancé, Stallone s'en est-il amusé ? Dans la salle de projection, tout du moins, quelques uns rirent même aux éclats. Et de la mièvrerie, vous allez en bouffer messieurs dames,» raille Cinemovies.fr.

Ecran large est plus mitigé. Laurent Pécha salue le come-back, la larme à l’œil : «Sly revient à ses premiers amours, à son personnage le plus charismatique pour lui offrir une sortie digne de sa légende et nous submerger d’émotion avec une mise à nu particulièrement bouleversante.» Didier Verdurand, au contraire, s’ennuie ferme : «L'entraînement militaire de Rocky commence, en musique bien sûr. Les haltères sont toujours aussi lourdes, et Rocky perd du gras en courant avec un vieux bâtard endormi recueilli dans un chenil. Comme il neige dehors, Punchy (le nom du chienchien à son pépère) porte un tee-shirt taille basse. Il ne manque plus que Paris Hilton pour atteindre des sommets de mauvais goût.»
Outre-atlantique, l’indulgence est de mise (lire les critiques sur Yahoo Movies et  RottenTomatoes). «Etonnamment satisfaisant» concède Variety. Un avis partagé par Hollywood Reporter qui qualifie la film de « d’une des meilleures surprises de la saison» tandis que le magazine Entertainment Weekly est carrément enthousiaste, salue «un personnage qui se bonifie avec les années».
«A regarder Rocky Balboa, on se sent soudainement tiraillé entre nostalgie et dérision postmoderne,» s’émeut le Washington Post. Rocky Balboa, pour les sentimentaux ? C’est sans doute cela la vraie surprise du film.