Sylvie Guillem: «Ça réveille le désir, l'envie d'amour»

©2006 20 minutes

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Sylvie Guillem

Danseuse étoile.

Du 28 décembre au 7 janvier, vous danserez deux solos et un duo avec le chorégraphe Russell Maliphant. Comment décririez-vous cette pièce ?

Push, c'est la relation entre un homme et une femme, à l'écoute l'un de l'autre. Mais c'est aussi plus que cela. A New York, une petite dame est venue nous dire : « Ecoutez, j'ai 80 ans et en vous voyant vous deux, j'ai eu un orgasme ! » C'est une pièce qui réveille les sens, le désir, l'envie d'amour.

Qu'est-ce qui change quand une danseuse atteint l'âge de 40 ans ?

On se teint les cheveux plus souvent et quand on parle de moi dans les journaux, on indique toujours mon âge à côté de mon nom. Comme si j'étais devenue « Sylvie Guillem 41 ». A part cela, rien.

Il faut quand mêmetrouver l'énergie nécessaire pour travailler chaque jour...

Oui, et je le fais avec la même réticence qu'il y a vingt ans. Je n'ai jamais aimé prendre les classes. Je sais que sans ça, le reste ne tient pas, mais je n'y vais pas en me disant : « Chouette ! Je vais passer deux heures dans un studio à m'entraîner. »

Avez-vous souffert à l'école de l'Opéra de Paris à cause de la discipline trop dure ?

Non, j'ai plutôt de bons souvenirs, même si ce n'était pas drôle tous les jours et que je n'étais pas forcément d'accord avec les méthodes de certains professeurs... Et puis, il y a cette fameuse sélection. Ce n'est pas dans l'air du temps, mais certaines disciplines comme la danse, la cuisine ou le foot en ont besoin pour accéder à l'excellence.

Imaginez-vous votre vie après la danse ?

C'est vrai que lorsque je ne suis plus en scène, c'est une autre vie. Je fréquente les peintres, les artistes. Au Japon, j'ai connu un potier qui s'appelle Taizo Kuroda. Quand j'arrêterai la danse, je me suis promis de partir six mois chez lui pour devenir apprentie.

Recueilli par Philippe Verrièle