Angoulême salue Cavanna, découvreur de bédéastes

Benjamin Chapon

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Le journaliste François Cavanna en 2006.
Le journaliste François Cavanna en 2006. — CAPMAN/SIPA

La nouvelle est tombée alors que le festival de la BD d’Angoulême venait d’ouvrir sa 41e édition. Dans le train, jeudi matin, entre Paris et Angoulême, un passager sur deux est auteur de BD. L’annonce de la mort de Cavanna s’est rapidement répandue.

«C’était un penseur et un auteur iconoclaste et irrévérencieux, donc, forcément, il aimait la BD, sourit Nicolas, qui vient présenter ses planches humoristiques aux éditeurs à Angoulême. Il va manquer à la presse mais il va aussi manquer aux auteurs, parce qu’il leur laissait un grand espace de liberté dans ses journaux.»

A Angoulême, l'hommage de Willem

Le président du festival d’Angoulême lui-même doit beaucoup à Cavanna. Willem a publié ses premières planches en France, en 1968, grâce au créateur d’Hara-Kiri et de Charlie-Hebdo. Le dessinateur néerlandais  n’a pas manqué de lui rendre hommage: «Il avait refusé mes premiers dessins, parce qu’ils étaient mauvais. Il a révélé toute une génération: Reiser, Wolinski…» Soit deux autres Grands Prix de la ville d’Angoulême. On pourrait aussi rajouter Cabu, Gébé…  A sa grande période, la bande d’Hara-Kiri comptait aussi Fred et Topor.

Tout naturellement, le festival rendra hommage à Cavanna, probablement dimanche lors de sa cérémonie de remise des prix.