Angoulême émerveille les enfants

BD Le 41e Festival International de la Bande Dessinée s'ouvre aujourd'hui...

Olivier Mimran

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Mafalda
Mafalda — Quino / Glénat

Quatre expositions sur onze consacrées à la BD pour la jeunesse? A Angoulême, temple de la BD souvent taxé d’élitisme ou du moins de ne pas représenter à sa mesure la diversité du secteur? On croit rêver! C’est pourtant le choix du Festival international de la bande dessinée, dont la 41e édition s’ouvre ce jeudi. Pour concilier exigence de qualité et engouement populaire? Ou pour renouveler son public? Sans doute un peu les deux, mais pas seulement.

Lecteurs de demain

«Angoulême totalise, chaque année, plus de 200 000 visiteurs parmi lesquels on compte près de 50 000 scolaires, relativise Ezilda Tribot, la responsable du Quartier Jeunesse et du Pavillon Jeunes Talents. Donc oui, le festival a besoin du jeune public. Mais il a toujours considéré la BD jeunesse comme un genre essentiel, dont la programmation peut difficilement se passer». D’autant plus difficilement que certains titres jeunesse sont d’énormes succès commerciaux, comme la série «Les légendaires» avec ses 3 millions d’exemplaires vendus en dix ans, son trophée du Fauve jeunesse en 2013 et une expo cette année. «Les enfants que je croise à Angoulême ont ces mêmes yeux émerveillés que j’avais quand j’y venais avec mes parents, à leur âge. Il serait idiot de snober les jeunes lecteurs d’aujourd’hui, qui sont les lecteurs de demain», confie d’ailleurs Patrick Sobral, l’auteur de la série. Avec quatre expositions cette année, l’orientation «jeunesse» du festival est plus apparente que réelle. Car elle a toujours existé. Les événements consacrées aux «Légendaires», à Mafalda, à Ernest et Rebecca et au Journal de Mickey afficheront complet. Mais celles destinées à un public plus mûr également. «Notre médium n’est pas uniforme et le festival l’a bien compris, en promouvant la BD de qualité, et non une BD élitiste», estime Patrick Sobral. Avant de conclure : «Il se trouve juste – et personne n’y peut rien – que la qualité n’est pas toujours populaire».